THOMAS DE CANTOKBÊBT
était prêt à lui être loyal et fidèle, comme à son seigneur temporel, sauf les droits de son ordre. Il lui fut répondu, de la part du roi, qu’il était né dans les domaines du roi, que ses parents y viraient, qu'il devait lui-même au roi ses richesses et sa position; qu’ainsi, en sa qualité de sujet, il lui devait fidélité, même contre l’archevêque et contre toute autre personne. On lui proposa de prêter serment d’être fidèle au roi, dans sa vie et dans son corps, et de défendre contre qui que ce fût son honneur temporel, et spécialement de respecter ses coutumes écrites et sa suprématie royale, quoi que pût faire le pape, ou l’archevêque, ou son propre évêque. Il répondit qu’il avait été élevé dès sa jeunesse par l’Eglise de Cantorbéry, qu’il avait juré obéissance au pape et à son archevêque, qu’il ne pouvait pas les abandonner; qu’il ne pouvait pas promettre d’observer les coutumes royales, mais qu’il s’engageait à accepter tout ce qui le serait par le pape et par l’archevêque, et à rejeter tout ce qui serait rejeté par eux. Cette réponse ne satisfit pas le roi, qui lui ordonna de se retirer. Cette visite inutile, ainsi que Jean de Salisbury s’en plaignit plus tard (*), lui coûta treize livres et deux chevaux , et c’était une grande perte pour lui. Auparavant, il avait consenti à quitter la cour de l’archevêque, mais alors il repoussa avec courage les conditions qu’on lui offrait.
Après lui, le roi fit appeler Herbert de Bosham; il entra, et Henri dit à ceux qui étaient près de lui : a Nous
(1) Ep. Jo. Sar., i, p. 204 et 266; Froude, p. 119.