‹ La vie et le martyre de s. Thomas Becket, archevêque de Cantorbéry et légat du Saint SiègeChapitre 57 sur 79 · THOMAS DE CANTORBÉRY · texte numérisé non relu

THOMAS DE CANTORBÉRY

de l’Eglise, mais qu’il ne promettrait rien au préjudice de la loi de Dieu. »

L’évêque retourna vers le roi , et, dans le but de le calmer, il modifia la réponse. Il dit seulement que l’archevêque était disposé à se fier au roi plus qu’à personne au monde, mais qu’il le priait, comme prince chrétien, de sauvegarder l’honneur de l’Eglise et le sien propre. Henri accepta ces conditions avec joie, et l’évêque écrivit (i) à saint Thomas pour lui dire que le roi le priait de se rendre à Tours, où il lui donnerait audience le 18 janvier, jour de la fête de la Chaire de saint Pierre, quinze jours environ après la conférence de Montmirail. La réponse de saint Thomas, bien que très affectueuse pour l’évêque, était un refus absolu de se rendre à toute nouvelle conférence jusqu’au moment où, conformément à l’ordre du pape, il serait rendu libre à son Eglise et aurait recouvré la faveur du roi. Henri, par sa réponse aux envoyés du pape , montra qu’il ne s’attendait point à ce refus. Voici cette réponse, qu’ils adressèrent eux-mêmes au pape : a Mes amis seraient peut-être d’avis que je rétablisse l’archevêque dans son Eglise; mais je ne lui rendrai jamais ma faveur, car j’annulerais par là le privilège que m’a accordé Sa Sainteté, privilège qui suspend ses pouvoirs jusqu’au jour où il sera rentré en grâce avec moi. »

Quand le roi apprit de Bernard de Corilo que le but

(1) Ep. s. Th., n, p. #81; Froude, p. 866; Ep. s. Th., I, p. 812; Froude, p. 368. M. Froude a mis hors de leur place ces deux lettres, parce qu'il n’a pas connu la fin de la lettre de Jean de Salisbury.

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