‹ La vie et le martyre de s. Thomas Becket, archevêque de Cantorbéry et légat du Saint SiègeChapitre 73 sur 79 · THOMAS DE CjLNTORBÉRY · texte numérisé non relu

THOMAS DE CjLNTORBÉRY

et barons, sans compter le clergé et le peuple. Sans doute on choisit la saison d’été pour la commodité des pèlerins qui voudraient assister à une des fêtes du saint; car celle de son martyre se trouvait au milieu de l’hiver. Le 7 juillet devint ainsi la fête de la translation de ses reliques.

Le cardinal Langton, dans un sermon prêché (*) sans doute à un retour de cette solennité , dit que le mardi avait été choisi avec intention, parce que c’était le jour de la semaine où le saint avait été martyrisé. On n’avait pas remarqué que cinquante ans s’étaient écoulés depuis cet événement, et on fut très frappé de cette coïncidence que la translation des reliques de saint Thomas eût lieu le jour anniversaire de celui où Henri II avait été enterré. Il existe une Vie du saint bien connue sous le nom de Qmdrilogue; c’est une compilation faite d’après ses différents biographes, probablement pour cette occasion et sous la direction du cardinal Langton. Guillaume , alors prieur de Cantorbéry, publia les lettres 12) par lesquelles le pape Honorius DI accordait une indulgence de quarante jours à tous ceux qui seraient présents à la translation ou aux fêtes de l’octave, et ensuite une autre indulgence d’un an et quarante jours à tous ceux qui visiteraient l’église le jour de la fête ou dans la quinzaine suivante. Cette dernière indulgence était concédée à per-

(1) Ep. et Vita s. Thomæ, ed. Lupus, II, p. 901.

(2) Rymer, Fœdera, I, p. 154, 20 janvier 1219; Ep. s. Th., n, p. 118 et 171, 18 décembre 1221.

MIRACLES

pétuité. Le même pape avait préalablement invité (i) tous les fidèles à assister à cette solennité avec les dispositions convenables. Il disait à cette occasion : « Le Roi du ciel, le Seigneur des anges, a de nos jours accordé au royaume d’Angleterre une plus grande gloire qu’à aucun autre, et il a orné la nation anglaise d’une prérogative spéciale; car, tandis que le monde est plein de perversité et que la malice des hommes s’accroît, il a choisi parmi elle un homme sans tache, un prêtre qui non-seulement fut médiateur dans un temps de colère (2), mais encore fut invité au céleste banquet et mérita de goûter au calice de la Passion auquel avait bu Notre Seigneur. Heureuse Eglise de Cantorbéry, chante au Seigneur un cantique nouveau; car le sang précieux du martyr Thomas a rougi ton autel ! »

(1) Ep.s.Th., h, p. 116, 25 janvier 1219.

(2) Ecclus., 44.

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