‹ La vie et le martyre de s. Thomas Becket, archevêque de Cantorbéry et légat du Saint SiègeChapitre 76 sur 79 · CHAPITRE XXXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVI

HONNEURS ET OUTRAGES

On ne dit pas que saint Thomas ait laissé d'autres écrits que ses lettres. Il existe pourtant deux petites hymnes (*), dont l'une au moins lui est attribuée. Comme elles sont intéressantes en elles-mêmes , nous les donnerons ici.

Voici les sept joies temporelles de la sainte Vierge Marie :

Gaude, Virgo, Mater Christi,

Quem per aurem {qu. auram?) concepisti, Gabriele nuntio.

Gaude quia, Deo plena,

Peperisti •sine pœnâ,

Cum pudoris lilio.

Gaude quia Magi dona Tuo Nato ferunt bona,

Quem tenes in gremio.

(1) Miscell., Mss. in-4°, bibliothèque Casanatense, D, v. XXVI, fol.

S. THOMAS DE CANTORBÉRY

Gaude quia reperisti

Tuum Natum, quem quæsisti,

In doctorum medio.

Gaude quia tui Nati,

Quem dolebas morte pati,

Fulget resurrectio.

Gaude, Christo ascendente

Et in cœlum te tuente,

Cum sanctorum nubilo.

Gaude, quæ post Christum scandis,.

Et est tibi honor grandis In cœli palatio.

On rapporte que le bienheureux Thomas, archevêque de Cantorbéry, avait coutume de réciter avec grande dévotion les sept joies temporelles de la sainte Vierge Marie. Un jour que, selon son habitude, il les disait dans son oratoire, la sainte Vierge lui apparut : « Pourquoi, lui ditelle, vous réjouissez-vous seulement de mes joies temporelles, et ne vous réjouissez- vous pas plutôt de celles que je goûte maintenant dans le ciel, qui sont éternelles? Réjouissez-vous donc avec moi à l’avenir, premièrement, parce que ma gloire surpasse celle de tous les saints ; secondement, parce que ma splendeur éclaire toute la cour céleste comme le soleil éclaire le jour; troisièmement, parce que tous les habitants du ciel m’obéissent et m’honorent sans cesse ; quatrièmement , parce que mon Fils et moi n’avons qu’une seule et même volonté ; cinquièmement, parce que Dieu récompense selon mon bon

HONNEURS ET OUTRAGES

plaisir tous mes serviteurs maintenant et pour toujours; sixièmement, parce que je suis assise près de la Sainte Trinité et que mon corps est glorifié; septièmement, parce que je suis sûre que mes joies dureront toujours eti ne finiront jamais. Et quiconque m’honorera en se réjouissant de mes joies, sera consolé par ma présence quand son âme abandonnera son corps. Je délivrerai son âme du malin esprit; je la présenterai à mon Fils, afin qu’elle puisse posséder avec moi les joies éternelles du paradis.» Le bienheureux martyr saint Thomas composa ainsi qu’il suit les sept joies célestes.

Voici les seflt joies célestes de la bienheureuse Vierge Marie :

Gaude, flore virginali Quæ honore speciali Transcendis splendiferum Angelorum principatum,

M sanctorum decoratum Dignitate munerum.

Gaude, sponsa cara Dei,

Nam ut lux clara diei Solis datur lumine,

Sic tu facis orbem vere Tuœ pacis resplendere Lucis plenitudine.

Gaude , splendens vas virtutum ,

Tuæ sedis est ad nutum Tota cœli curia :

Te benignam et felicem Jesu dignam Genitricem Veneratur gloria.

S. THOMAS DE CANTORBÉRY

Gaude, nexu voluntatis Et amplexu caritatis Juncta sic Altissimo,

Ut ad nutum consequaris ® Quidquid, Virgo, postularis

A Jesu dilectissimo. «

Gaude, mater miserorum,

Quia pater præmiorum Dabit te colentibus Congruentem hic mercedem,

Et felicem poli sedem Sursùm in cœlestihus.

Gaude, humilis beata •

Corpore glorificata,

Meruisti maxima Flore tantœ dignitatis Ut sis sanctæ Trinitatis Sessione proxima.

Gaude, Virgo, mater pura, «

Certa manens et secura Quod hœc tua gaudia Non cessabunt, non durescent,

Sed durabunt et florescent In perenni gloriâ.

Amen.

f. Exaltata es, sancta Dei Genitrix,

b). Super choros angelorum ad cœlestia régna.

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