‹ La vie et le mystèreChapitre 29 sur 70 · CAVALCADE · texte numérisé non relu

CAVALCADE

Le curé Johannet, grand, sec, de parole aigre, Possédait un nez large aux tons violacés ; Certains ne l'aimaient pas, d'aucuns l'aimaient assez Selon l'heure il était tout miel ou tout vinaigre.

Sur la route où l'évêque arrivait, pâle et maigre, Il voulut, sans souci des morts et des blessés, Que trente cavaliers, en longeant les fossés, Suivissent Monseigneur d'un trot plutôt allègre.

Le prélat fut sauvé. C'était le principal. Le vieil évêque eut même, en tout épiscopal, La force de sourire à l'étrange embuscade.

Mais, quand il eut béni les cavaliers normands, 11 fit voir au curé, dans ses appartements, Qu'il n'avait pas du tout goûté la cavalcade.

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