A UNE DESCENDANTE DE LAURE
Vous sortie^ de Vcglise et, d'un geste pieux. Vos nobles mains faisaient Vaumâne au populaire, Et sous h porche obscur votre beauté si claire Aux pauvres éblouis montrait tout l'or des deux. J.-M. DE Heredia (suivant Pétrarque).
Sortez-vous de l'église, accompagnée ou seule, On voit le pauvre aussi courbé sous votre main ; \o\\s passez, retrouvant tout le long du chemin Les voix qui bénissaient une immortelle aïeule.
L'automne embrume un peu la bourgade, filleule De votre château blanc au nom gallo-romain ; Mais, vers le haut du parc où nous irons demain, Le hâle a raffermi la terre humide et veule.
Quand Laure, en Avignon, s'effarouche au soleil, Pétrarque est là, guettant Téclat d'un front vermeil Et le rayon furtif d'une prunelle fière.
Heureux dans sa folie, il est presque à genoux. Mais plus heureux celui qui marche à la lumière De quelque pur regard, mélancolique et doux.