LE LOGIS DU VAL-MARTEL
(Époque Louis XV)
A Frédéric Masson.
Vous représentez-vous les ventres élargis De ces Messieurs Douïllard, revenant chaque automne De Rouen, par le doux vallon de Charentonne, Vivre douillettement au fond de ce logis ?
L'un est d'Église : il tremble au fumet d'un hachis. L'autre est conseiller-maître. Il s'attable et chantonne. Et tous deux font honneur au cidre de la tonne. En mangeant des perdreaux tués dans leurs couchis.
Souvent, l'après-dînée, emplissant le carrosse,
Ils allaient, l'œil mi-clos, traînés par quelque rosse,
Pêcher pour des voisins d'appétit exigeant.
Et, quand l'or du soleil animait la rivière, Le conseiller happait des truites d'argent. Près du chanoine noir, qui lâchait son bréviaire.