VISITE AU VAL-MARTEL
(Juillet 1919)
A Mnie Louis Dubu.
Reçus par le fermier, guidés par la fermière.
Nous offrons, honorant la finance et l'autel,
Aux deux morts qui signaient : Douïllard du Val-Martel
Un hommage posthume en leur gentilhommière.
On ouvre çà et là. Vous entrez la première, Distinguant tout, le lit, le trumeau, le pastel. Les ardeurs du matin réchauffent le castel ; Du seuil jusques au toit, il vit dans la lumière.
Il revit ! Les Douïllard se montrent, tout à coup ;
Ils veulent, sous vos yeux, détacher le licou
Du poney, puis vous suivre, en longeant une avoine.
Et le conseiller-maît-re, au haut du vieux chemin, Profitant du salut qui courbe le chanoine. Trouve un plaisir extrême à vous baiser la main.
LA BEAUVOISINIÈRE
A M°ie Paul Harel.
Manoir silencieux et froid, entouré d'eau, Où la carpe, en sautant, parfois gobait l'insecte. Jansen y fit longtemps, à des gens de sa secte, Porter le sombre amour de Dieu, tel un fardeau.
Mais le petit Amour, sur un petit radeau,
Y vint, comme en un temple embelli qu'on inspecte.
L'escalier révélait le goût de l'architecte.
Chaque fenêtre enfin s'ornait d'un blanc rideau.
Au lieu du pas feutré qui meurt sous les sandales, Le pas des herbagers puissants frappait les dalles. Nous jouâmes la nuit aux lueurs d'un grand feu.
Par moi, Monsieur votre oncle, allégé pièce à pièce, Regardait son argent qu'il sortait peu à peu. Cependant que j'entrais dans le cœur de sa nièce.