‹ La vie et les conspirations du Général Malet, 1754-1812Chapitre 9 sur 18 · PLACE DE PARIS · texte numérisé non relu

PLACE DE PARIS

Oj^dre dujoia^ du 23 au 24 octobre 1812 (1)

Au nom du Sénat, les troupes sont prévenues que l'Empereur Napoléon a trouvé la mort sous les murs de Moskou, le 7 de ce mois.

Toutes les mesures ont été prises pour sauver les restes de l'armée.

Le Sénat a saisi cette circonstance pour changer un gouvernement oppresseur et qui ne pouvait qu'empirer sous l'influence d'un enfant. Il a établi un gouvernement provisoire dont les membres doivent obtenir l'entière confiance des troupes. L'acte qui règle ce changement leur sera communiqué dans les

(1) Un exemplaire porte au bas du premier feuillet : i^'" batailloii du régiment de la Garde de Paris,

casernes par des généraux ou officiers d'État-Major accompagnés d'un commissaire de police.

Le général Hullin, par une conduite inconsidérée dans la circonstance, a perdu la confiance du Sénat ; il a été remplacé par le générai Malet dans le commandement des troupes de la garnison de Paris et de la V^ division militaire. Il aura son quartier-général à l'Hôtel de Ville.

Le général de division Desnoyers est nommé chef de l'État-Major de cette division.

L'adjudant commandant Doucet (1) est nommé général de brigade sous-chef d'État-Major.

Le général de division Peilehordy (2) est nommé commandant de l'artillerie et prendra son quartiergénéral au château de Vincennes.

Le général Guidai (3) prendra le commandement des troupes qui se réuniront au Luxembourg pour la garde du Sénat.

Le général Soulier, commandant la première cohorte, prendra le commandement des troupes

(1) Un des adjoints d'Hulin à la place et à la division. Souslieutenant dans la Garde nationale soldée en septembre 1789, il y fit toute la carrière, sauf une excursion en Hollande en l'an XIV.

(2) Ce nom ne se rencontre ni dans la liste du Ministère de la Guerre, ni dans la liste du général Suzane (ffist. de V Artillerie), ni dans aucun des ouvrages que j'ai pu consulter. Mais si Malet écrit son nom comme celui du général Schoner, on peut ne pas le trouver.

(3) Détenu à la Force.

qui se réuniront à la place de Grève pour la garde de l'Hôtel de Ville.

Les cohortes devant être licenciées, le général Chiner (1) aura le commandement de tous les dépôts d'infanterie légère de la division.

Le général Rabbe, ci-devant colonel du régiment de la Garde de Paris, aura le commandement des dépôts d'infanterie de ligne.

Tous les autres généraux employés dans la division y continueront leurs services.

Le général Lecourbe est nommé général en chef de l'Armée centrale qui va s'assembler sous Paris.

Le général de division Lahorie (2) en sera chef d'État-Major général.

Les officiers d'État-Major de la place et de la division, ainsi que les officiers des troupes qui s'y trouvent, seront susceptibles d'obtenir un grade supérieur à celui qu'ils occupent actuellement si le général Malet les en trouve dignes par une conduite civique. Les sous-officiers jouiront de la même faveur.

Lors du licenciement des cohortes, les officiers et sous-officiers qui les commandent, qui voudront continuer leurs services, seront attachés à l'État-Major général jusqu'à leur remplacement (sic).

Les troupes de toutes armes qui feront le service

(1) Le général Schoner, qui commandait la brigade des quatre cohortes. Il était en permission à ce moment.

(2) Promu par Malet général de division. Détenu à la Force.

dans Paris recevront, à dater de ce jour, une haute solde de vingt sols par jour pour le fusilier, de vingtcinq sols pour le caporal ou brigadier, de trente sols pour le sergent ou maréchal des logis. Les officiers auront doubles appointements.

Les troupes se tiendront sous les armes, dans leurs casernes, prêtes à marcher au premier ordre. Si des ministres ou des généraux non désignés dans le présent ordre se présentaient pour leur en donner, ils se trouveraient hors la loi, conformément aux articles 2 et 9 du Sénatus-consulte. Ils seraient arrêtés morts ou vifs, et conduits au quartier-général de l'Hôtel de Ville.

[Les officiers généraux, d'État-Major et autres, ainsi que les ordonnances qui ne seront pas munis d'une carte portant l'empreinte du cachet placé au bas de cet ordre, seront arrêtés et conduits au même quartier-général (1).]

Les gardes ne seront point relevés ; les vivres leur seront portés de la caserne.

Les légionnaires ne porteront que le ruban en attendant une nouvelle décoration.

Le nouvel ordre de choses exigeant, de la sagesse et de la prévoyance du Gouvernement provisoire, qu'il s'assure de la personne de quelques hommes dangereux et corrompus qui voudraient se servir de leur influence pour contrarier sa marche, le général Malet

(1) En surcharge dans une des expéditions.

invite et ordonne aux troupes qui seront emploiées à ce service de le faire avec modération et ordre, mais avec toute l'énergie qu'exige une mesure commandée par la tranquillité publique.

C'est par une pareille conduite qu'il jugera les officiers, sous-officiers et soldats dignes de l'avancement et des récompenses promises.

Le Général de division commandant la force armée de Paris et les troupes de la 1^^ division militaire,

Malet.

(cachet.)

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