‹ La vie et les écrits de PlatonChapitre 49 sur 76 · Le Phèdre, ou de P Amour · texte numérisé non relu

Le Phèdre, ou de P Amour

Dialogue moral , qui forme la quatrième pièce de la troisième tétralogie de Thrasylle : il fait partie dé ceux qu’Aristophane avait laissés en dehors de sa classification.

Le Phèdre était dans l’antiqilité déjà considéré comme un des plus célèbres écrits de Platon, suivant les mots mêmes de Denys d’Halicarnasse, Ivà? piêXîou tSv Trâvu TrEpiêoviTwv (1). C’cst, en effet, une œuvre pleine de vie dramatique , de force mimique et d’ironie. Thrasylle lui donne pour second titre : uepl EpwToç (2), et en fait un dialogue éthique , c’est-à-dire socra-

H) De Adm. vl Dem., c. 7 ; Ep. ad Cn. Pomp., c. 2.

(2) Diog. L., III, 58; conf. Maxime IMauude, SchoU.ad Hermo(j. Rhet. Grxc., t. V, p. 513, Walz.

LliS ÉCRITS DE PLATON,

tique. D’aiiires lui donnaient pour sous-titres :

ItEpl 'j/U/riç, (1), ItEpl X»Xoî! (2), TTEOl ^TlTOpiX^Î, ItEpt ti'f'X- OoÜ, TTEp'l TOVÎ ItpOKOÏÏ XaXoÏÏ , TTEpl Toli TTaVToSottroÛ XOtXoÏÏ (3),

ce qui témoigne de la diversité d’interprétation du sujet chez les Néo-Platoniciens. Le premier est attesté par Aristote (4) et par Denys, qui nous apprend que le dialogue tirait son inscription du nom du personnage, de Phèdre, à qui Socrate adressait ses discours (S).

L’authenticité du Phèdre, à moins qu’il ne faille lire le Phédon dans ce passage, a été mise en doute par Panætius, s’il faut en croire l’épigramme suivante que David attribue à Syrianus (6).

Et [xe nXaTtüv où IlXaTtovE^ lyévovTO.

XdoxpaTtxtov ùixpcov av0£(x Trdivxa fÉpio. ’AXXà vo'Oov |x’ ETÉXeocE IlavafTioî • éç p Ite'Xeooe Kai Ovr,Tr,v, xàjxÈ vôOov teXÉoei.

. Quelques-uns des anciens commentateurs , et M.

(1) Clem., Strom., V, 572, d.; Sylb.

(2) Des mss. comme celui de Klarck et le ms. côté 2 de Florence, que suit Ficin.; conf. Greg. Cor. ad Ilermog., Rhet. Grxc. t. Vil, p. 2.

(3) Ce dernier, attribué à Jamblique, est adopté par Hermias, Introd. in Phasdr., p. 62, ed. Ast.

(4) Arist., Rhet., 111, 7. Tà èv tm 4>at5p(i).

(5) L. 1. ’Aj’ où TTjv éTi'.Ypaçriv eD.iriçe xô pîfiXiov.

(G) Scholl. Arist., p. 30, 'b, 9. lEipiavo; (aèv yàp ô çUôffOipo; ÈTXEYpa'l/e T«o «batSpu (<I>aiS«ovi?) voOevio|xÉvw Otto xtv o ; llavatxiou . .. Id. Asclep. in Met. (76, a, 39), parlant du Phédon : Ilavatxto; Y«p ttî èx6X(j.r|(yE voOeûaai xov SiâXoY&v ...

LIiS ÉCRITS DE PLATON.

Krische (i) entend par le mot quelques-uns, Panætius, prescrivaient de commencer la lecture des dialogues de Platon par le Phèdre^ ce qui ne veut pas dire qu’ils se soient occupés de l’ordre chronologique de leur composition. Hermias (2) nous apprend que plusieurs le considéraient comme irporpsKTixo; tU «p»Ào- (loipi'av. C’est un des dialogues que Cicéron admire et cite le plus (3); il le. traduit même souvent (4), et l’a par conséquent lu et étudié avec soin. Athénée (5) prétend qu’il y a un anachronisme à faire de Phèdre un contemporain de Socrate, mais il n’en donne aucune raison, et celle qu’on est réduit à imaginer est mauvaise (6).

Le Phèdre se divise en deux parties principales : la première, qui va jusqu’à la p. 237, se subdivise en trois sections.

La première section est remplie par le discours érotique de Lysias lu par Phèdre , et par les jugements de Phèdre et de Socrate sur l’œuvre du célèbre rhéteur. On est à peu près d’accord en effet aujourd’hui pour considérer ce premier discours comme l’œuvre personnelle de Lysias, et non pas comme une imitation de Platon, qui aurait eu vraiment trop beau jeu pour en entreprendre la critique, après y avoir mis lui-même tous les défauts qu’il

(1) Veber Plat. Phædros, p. 6.

(2) Introd. in Phædr., p. 62.

(3) Cic., de Oral., \ , 1 \ de Leqg., Il, 3.

(4) Cic., de Rep., VI , 25 ; Tusc., I, 22.

(5) Athén., XI, p. 505, e.

(6) V. Krisch., I. 1., p. 9.

iS

signale (1). Socrate n’en trouve ni l’invention heureuse, etîpEfftv, ni la disposition sage, SiaOeoriv.

La deuxième section est remplie par le premier discours de Socrate sur le sujet qu’avait traité Lysias , et le dialogue s’établit entre les deux interlocuteurs à ce propos. Il attribue le fond de son discours à des souvenirs d’anciens poctes : TtaXaiol xal aotpol avSpeç te xal pvatxEç, et il nommc parmi eux la belle Sappho et le sage Anacréon.

La troisième section contient le second discours de Socrate , la palinodie , dont il attribue l’inspiration à Stésichore. C’est là qu’il établit la théorie des quatre espèces de délire :

I. Le délire prophétique, dû à Apollon, dont l’un, ïj [xavTix^, est tout divin, l’autre , ^ oîwvl(mxy^, tout humain, préside aux présages.

II. Le délire puriGcatif, ii teXeotixii, xa0ap{*<5ç, iyvifffxôç, teXetii, assigné à Bacchus, qui préside aux initiations et aux expiations.

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