I, II
(2) Essais, 1. III, c. 8.
(3) Voir les exemples cités dans les Index de Stallbaum au mot anacolouthon.
cussion tranquille, simple, froide, logique, bientôt y mêler la plaisanterie vive, ironique, le persiflage aimable, spirituel, mordant, et même le plus haut et le plus vrai comique. La gravité et la légèreté, la force comique et le don d’émouvoir, l’enthousiasme du poëte et le calme froid du logicien qui analyse et dissèque, il a tout, et non-seulement il réunit, mais il unit tout. La vitalité de son style et de sa composition en surpasse encore la richesse, la variété et l’harrrionie. Non-seulement il fait vivre tous ses personnages, ce qui est le don suprême du poëte dramatique, mais il fait vivre la pensée ah.straite, et il a fait, ce que nul n’a plus tenté de faire après lui, une philosophie vivante.
Nous venons de faire connaître l’homme et l’écrivain : on pourra maintenant aborder le philosophe. Antiphane disait en plaisantant qu’il y avait une ville où il faisait si froid que les paroles y gelaient aussitôt qu'elles sortaient des lèvres, et qu’on ne pouvait pas les entendre. Ce n’était que plus tard, lorsque l’été faisait fondre la neige et la glace, que s’éveillaient alors tous ces sons endormis et ensevelis. Il en est ainsi, disait-il, de Platon; ce n’est pas au moment qu’il vient de parler, qu’on peut l’entendre : c’est seulement lorsque le développement de l’âge et de la raison a fait fondre l’enveloppe de sa pensée, et en a mûri le fruit, qu’on peut le comprendre et le goûter (1).
(I) Plut., rfe Project, in Virt., 7.