CONFESSION D UN JEUNE HOMME
Nous sommes las, évidemment, de scandales, de révélations, de dossiers, de « mufleries » et de « rosseries ». Tous ces gens qui, dans les romans, sur la scène ou ailleurs, « mangent le morceau », s'arrachent le pain de la bouche^ volent les pommes, les écus ou la femme du voisin, toutes ces « tranches de vie » qu'on persiste à nous mettre sous le nez, tout cela est terriblement ennuyeux et nauséabond. Oh! de grâce, auteurs naïfs et courroucés, qui voulea recommencer Balzac, cruels revenants du Théâtre- Libre, cessez de hanter nos insomnies. Nous savons... Nous savons... Parfaitement. L'humanité est ignoble; la vie est plate; Tamour est dégoûtant; tous les maris sont trompés, les femmes aussi; tous les notaires sont en fuite pour la Belgique; tous les Rougon-Macquart sont canailles de père en fils; toutes les jeunes filles sont des demi- vierges... Air connu. C'est compris. Parlons d'autre chose.
On n'attend pas de moi un nouveau diagnostic sur r « état d'âme » de la jeunesse contempo-
raine. Interrogée, auscultée, sondée depuis dix ans, elle se rebiffe maintenant contre tous ceux qui persistent à se pencher avec bonté vers son chevet. Mais quand un « jeune », un vrai jeune, se lève, prend la parole et déclare exprimer, en son naïf langage, les inquiétudes et les souffrances de ses camarades, toutes les personnes sincères sont tenues de Técouter.
M. Maurice Pujo est un vrai « jeune ». Il a vingt-trois ans; il s'en vante, et il a bien raison. 11 a toutes les audaces, toutes les fiertés, toutes les ignorances et toute l'outrecuidance naïve de cet âge. A voir la façon dont il nous signale « l'idée qui est la sienne » et les « victoires logiques » qu'il a remportées, en des « combats rigoureux», sur les idées des autres, et son effort pour « surmonter », pour « juger » notre époque, et pour la « réduire sous la même critique dans la même liquidation », on devine qu'il s'est battu surtout entre les quatre murs d'une classe de philosophie, dans une de ces arènes pacifiques où Platon, Aristote, Descartes, Auguste Comte, Herbert Spencer, Taine, Renan se laissent complaisamment « tomber » et « rouler » tantôt par les élèves, tantôt par le professeur.
J'aime la franchise avec laquelle l'auteur de ïldéalisme intégral annonce, dès sa préface, le peu de cas qu'il fait de notre jugement. En un temps où le suffrage universel est l'objet d'un
culte de latrie, on n'est pas habitué à entendre un débutant parler ainsi de lui-même et du public :
Il (l'auteur) arrive aujourd'hui devant le public, non plus celui auquel il s'était donné d'abord, celui des compagnons de son âge dont il se sait compris pour avoir réussi parfois à exprimer quelques-unes de leurs aspirations; mais le public qui juge, < le grand public ». — L'auteur ne croit pas devoir réclamer de lui l'indulgence, comme un cabotin enrhumé à l'heure où se lève le rideau. Il lui demande son attention pour le travail sérieux qu'il lui apporte, sinon, il le prévient franchement, il fera mieux de passer à côté du livre sans l'ouvrir, de peur de n'y rien entendre. 11 ne se présente pas comme son serviteur, ne pouvant reconnaître comme maître que celui dont l'opinion aura réduit la sienne; il ne cultive pas ses idées reçues; il n'écrit pas pour lui faire plaisir. — Et, si ce public s'étonne de cette méfiance et de cet orgueil chez le jeune homme qui arrive à lui, il répondra que, quels que soient son besoin et son désir ardent de voir sa pensée s'épandre, il n'a pu se résoudre à la monnayer, à l'adapter, dans des formes qui lui sont étrangères, au snobisme des pharisiens, et cette attitude de tension lui est imposée par le spectacle actuel des esprits.
Ceci n'est point maladroit. En rangeant ainsi dans la catégorie des imbéciles tous ceux dont on n'est pas compris, on intimide les gens; on les fait douter de leur sens propre; on les empêche de se prononcer.
Après de tels avertissements, on est obligé, en bonne conscience, de donner une œuvre. Après la. Préface de « Cromwell », il y a CromwelL Or,
j'ai beau tourner et retourner le volume de M. Maurice Pujo, je n'y trouve, malgré la beauté du double titre {y Idéalisme intégral^ le Règne de la Grâce) ^ qu'un recueil d'articles rapprochés les uns des autres par le fil du brocheur. N'importe! La voix de ce jeune homme est généreuse, cordiale, sincère. « Il voudrait (c'est lui qui le déclare) être entendu. » Je l'ai écouté, comme on doit écouter ceux dont les petits défauts éveillent le sourire et dont l'évidente noblesse commande l'estime. Voici ce que j'ai vu de plus clair, dans les dix morceaux détachés qu'il nous offre, et où sa pensée, ondoyante et diverse, va de M. Stéphane Mallarmé au cynique Frédéric Schlegel, de Maurice de Guérin à ce pauvre Novalis et de « l'Esthétique indépendante » à la « Résurrection du Christ » :
1** Une critique très âpre, souvent juste, de nos mœurs, de nos préjugés, de nos mille façons de déformer, de gâter, de souiller la vie : Misères et ravages de notre système d'éducation. L'internat, école de brutalité, foyer de vices. L'amour, dès qu'il s'éveille dans l'âme de l'adolescent, est profané par la pruderie des uns, par l'ironie des autres, par la sagesse vulgaire, indulgente aux « fredaines », impitoyable pour la charmante folie de la passion. Alternative pour le jeune homme : ou bien passer pour ridicule, ou bien se résigner aux mornes épreuves où la jeunesse
reçoit maintenant sa consécration, subir l'abrutissement du « Quartier », les monômes, buveries, chahuts, vadrouilles et autres divertissements. Servage et minorité légale de la femme. « Jeu fatal des convenances et de l'argent », qui fausse l'institution du mariage. « Là, comme épouse ou comme mère, celle qui adoucit la vie et dont la fécondité assure des hommes au monde, a tous les devoirs sans avoir aucun droit. » Il faut supprimer la coutume des dots, qui fait du mariage un marché.
'2o Critique de nos lois, ou (pour employer le langage de M. Pujo) de nos « limites ». Le suffrage universel, « en noyant les individus dans le nombre infini des médiocrités et des faiblesses, rétablit contre Tintelligence, contre la volonté, contre la vie, la loi fatale du plus fort ». La Révolution, en conservant, dans ses codes, le principe de la propriété, en « décrétant que la terre et les instruments du travail, c'est-à-dire les sources mêmes de la vie des hommes, appartiendraient pour jamais aux premiers occupants », a consacré l'iniquité sociale dont nous souffrons comme d'un péché originel. 11 n'est pas vrai que la propriété soit la condition de la famille, de la liberté, de l'amour. Immoralité de la transmission des biens par l'héritage. Nécessité de proclamer la liberté du travail et de mettre à la disposition de tous les hommes les instruments de ce travail. Erreur
des socialistes qui prétendent renouveler le monde par des réglementations, des contraintes, des c limites » encore plus odieuses que celles dont ils veulent supprimer la gène.
La démocratie a subordonné l'intérêt général à ses convoitises égoïstes. Elle a sacrifié la liberté à Tégalité. Elle va, tête baissée, du libéralisme au socialisme. Contrairement au principe même de la Révolution française, dont les réformes tendaient, malgré tout, à encourager l'initiative personnelle, la réussite des meilleurs, le triomphe de Télite, la démocratie a consacré, par ses lois, par ses préférences, par Tétrange répartition de ses honneurs publics, la royauté des médiocres.
Course à l'argent, assaut des places, conflit d'intérêts cherchant vainement à s'équilibrer par des expédients de législation, voilà notre état social.
3® Critique de notre littérature et de notre art. Une société ainsi orientée, privée à ce point de vie spirituelle et d'ambitions nobles, était nécessairement condamnée à n'avoir qu'une littérature humble et qu'un art ingrat. Le programme du naturalisme fut un solennel et morne renoncement à la beauté. C'est la première fois que les hommes ont renié ainsi le rêve, et répudié ce qui donne du prix à la vie. On dirait des aveugles subitement devenus fous et tuant leur guide. Nos plus fameux romanciçrs, qu'ils soient franchement
naturalistes ou qu'ils s'intitulent psychologues, ne sont que des photographes ou des reporters. Si la psychologie est un art, il faut accorder le même titre à la mécanique, à Thydrographie, à la botanique, à Thygiène. Il n*y a, pour ainsi dire, plus d'artistes parmi les écrivains professionnels. Tous, marchands de mots, débitants, boutiquiers de scandales, commerçants gros ou petits, façonnés à la mesure des nigauds qui les font vivre. La poésie est tombée, elle aussi, dans les bassesses de l'industrie et de la fabrication. « Installés sur le Parnasse abandonné, des eunuques qui s'intitulèrent, et pour cause, des impeccables, ont ramassé des morceaux du grand rêve romantique pour les disposer en de plus ou moins habiles mosaïques, et ils ont blanchi dans ce travail byzantin avec la naïve persuasion qu'ils faisaient revivre l'art. »
Quels noms peut opposer le théâtre contemporain aux noms de Henrik Ibsen, de Bjœrnstierne Bjœrnson?
Qu'est notre musique en comparaison de celle de Wagner?
Appauvrissement moral, visible dans nos actions de chaque jour, crise sociale, éclatant en sanglantes tragédies et aggravée par l'imprévoyance de nos lois, stérilité artistique et diminution du rayonnement de notre esprit national sur l'univers, tels sont, selon M. Maurice Pujo, les maux
dont nous souffrons. J'ai eu quelque peine à élucider, sur ces divers sujets, la pensée de ce jeune philosophe. J'ai dû transposer son écriture, traduire le dialecte spécial dont il se sert, achever ses phrases coupées et balbutiantes. S'il voit souvent juste, il écrit presque toujours mal. J'ai la faiblesse de croire (voyez comme je suis déjà vieux!) qu'il y a un bon et un mauvais style. Le style de M. Pujo est généralement horrible. C'est l'inexactitude, l'impropriété, devenues des habitudes, des tics, presque un sport. Imaginez un musicien qui s'assied au piano, entreprend de nous révéler son âme par des harmonies compliquées et met toujours le doigt où il ne faut pas. On dirait que l'auteur de V Idéalisme intégral a appris la langue française dans des traductions de livres allemands. Son langage rôde autour des choses sans jamais pouvoir les atteindre. Il parle sans honte le jargon de certaines dissertations, couronnées au concours général en philosophie. H recherche les abstractions scolastiques, ces grands mots dégingandés qui s'en vont à la queue-leu-leu; comme des adolescents mal bâtis qui sortent de classe. Il aime les variations sur l'inconnaissable, les morceaux de rhétorique abstraite, les allégros métaphysiques, les sonorités dans le désert, les coups d'archet qui font vibrer le vide, à travers le temps et l'espace, depuis les confins du possible jusqu'aux profondeurs du néant.
Oh! que cet idiome m'a fait souffrir!
Je ne regrette pas d'avoir souffert. Cet essai juvénile vaut la peine qu'on s'y arrête, et même qu'on s'y enpêtre. On s'intéresse, malgré tout, aux idées de M. Pujo. Ces idées, à peine sorties de l'œuf, ressemblent à des poussins avides de soleil, qui battent de l'aile, tendent le cou et ouvrent le bec au bord d'un nid. Il faut les délivrer, leur donner la volée... L'auteur lui-même a prévu qu'il avait besoin de secours. Car « à tous les esprits ouverts qui l'approcheront, il demande d'achever pour eux-mêmes sa pensée », de compléter ce « livre trop hâtif » ; il confesse que ses idées ressemblent à des « allusions », et qu'elles se précipitent, haletantes, vers le jour, « comme dans le désir d'échapper à la mort » . Continuons à tirer M. Maurice Pujo de ses limbes.
Ayant réfléchi à nos misères, il croit en avoir découvert la cause. Pour lui, comme pour M. Alexandre Dumas fils, il y a, au beau milieu des triomphes de notre civilisation, parmi nos orgies et nos labeurs, une bête accroupie, une bête qui griffe, qui mord, qui dévore, et dont le souffle empoisonné répand la peste aux alentours. Cette bête, ce n'est point, comme le croyait l'illustre auteur de la Femme de Claude, le démon de la perversité féminine. Cette bête, c'est la science.
Oui, si imprévue que puisse sembler une pareille affirmation, il faut l'enregistrer sans
mauvaise grâce, avec les considérants sur lesquels on prétend Fappuyer. M. Maurice Pujo nous livre son opinion sans précautions oratoires et sans nuances. Ce qui tue le monde moderne, c'est la recherche de la vérité. Et le voilà qui part en guerre (comme fit jadis, avec plus d'art, M. Paul Desjardins) contre Taine, contre Renan. Il les traite de « grands-prêtres », ce qui est une singulière injure. Il accuse leur science, « dont le prestige, à ce qu'il affirme, est enfin tombé », d'avoir joué « un rôle stérile ». Ces deux hommes ont créé « l'antinomie de la pensée et de l'action ». L'analyse scientifique a tout émietté. Nous respirons une poussière de faits disséminés, d'idées éparses, de notions infinitésimales, aussi meurtrières que des microbes. Nous sommes travaillés par un besoin de connaissances toujours plus subtiles, d'objets toujours plus complexes. Notre désir d'aller du simple au composé nous afîole, nous fourvoie. Les meilleurs, las de savoir, aspirent au sentiment. « L'intellectuel, le cérébral plane au-dessus de tout, parce qu'il sait ou croit savoir; sa suffisance domine l'art et la vie; ces expansions simples du cœur, qui sont la poésie, il voudrait bien qu'on n'en parlât pas. » Et les humbles, impatients de certitude, risquent des solutions brutales. Résultats littéraires de la science rationnelle : le naturalisme, le dilettantisme. Résultats moraux : l'inertie de la volonté.
Résultats politiques : le déchaînement de toutes les vanités et de tous les appétits, Tanarchie.
Heureusement, pour nous consoler de toutes ces déductions, dont la chaîne n'est peut-être pas très rigoureuse, M. Maurice Pujo assure que le monde sera sauvé. Par qui? Par un jeune homme de la génération qui passe actuellement ses derniers examens. Il salue, lui aussi, ce jeune homme, que M. Paul Bourget saluait déjà, il y a six ans, dans la préface du Disciple :
Je vous salue, jeune homme d'aujourd'hui.
Je vous salue, vous qui êtes venu de si loin, vous qui, des vallées de ténèbres et de désespoir où vous enfantèrent les générations antérieures, avez gravi comme une montagne aride les champs désolés de la vie, jusqu'aux cimes où vous avez trouvé la pureté de votre conscience, pour la porter au monde et à l'avenir; l'avenir est sublime de tout votre espoir et le monde vous attend.
Gomme il est beau, ce jeune homme inconnu, mais aussi comme il est pâle ! . . .
C'est là, proprement, un hymne messianique.
Sur les collines de la Galilée, au temps du cruel Hérode, les saintes femmes et les jeunes pontifes devaient ainsi jeter au vent des paroles harmonieuses et vagues. L'auteur de Y Idéalisme intégral nous convie à l'attente d'un Christ rajeuni et renouvelé ; il invoque ce nouveau rédempteur avec un enthousiasme sibyllin :
Dieu est avant tout le Créateur, c'est-à-dire l'artiste suprême, et c'est à lui qu'il faut remonter aujourd'hui.
Voici que les temps sont changés. Ce n'est plus sur l'Acropole que nous irons prier aujourd'hui. Nous t'avons enfin retrouvé, toi que nous avions si longtemps cherché malgré les dogmes des religions et des sciences, malgré les barrières de toutes sortes qui nous séparaient de toi. Tu as vaincu l'oppression des choses, et ta lumière, qui remonte plus pure à nos yeux voilés, les éclaire d'un jour nouveau. Gomme nous allons t' aimer, maintenant que nous ne te craignons plus !
La venue prochaine de ce Christ régénérera notre littérature, notre art, notre politique. Mais comment? C'est ici, surtout, que le lecteur cesse de voir clair. J'entends bien M. Pujo qui s*écrie : « Patience! les Forts viendront, et de vous tous, ils feront justice, démocrates et dilettantes... L'Armée des Artistes et des Héros va monter dans le ciel plus clair... Je vous salue, vous qui viendrez, etc.. j> Je vois bien qu'on nous promet une « jeunesse définitive », qui doit remplacer les « générations de transition » et ramener l'âge d'or. Mais que fera cette jeunesse? Voici ce que j'ai cru comprendre. Je traduis, car, si je citais les formules de l'auteur, on croirait que je le fais par méchanceté.
Ces jeunes gens (du moins ceux que M. Maurice Pujo représente) répudient la science et la démocratie. Voilà qui est entendu. D'ailleurs, ils ne veulent suivre (et ils le disent expressément, d'un cœur indépendant et léger) ni M. de Vogiié, ni M. Lavisse, ni M. Paul Desjardins. Ils veulent
être tout seuls et libres. Leurs prédilections littéraires vont à Maurice de Guérin, à Vigny, à Barbey d'Aurevilly, à Villiers de Tlsle- Adam , à Baudelaire, à MM. Verlaine et Mallarmé. Ils ne sont opprimés ni par le souci scientifique, ni par le souci social, ni même par le souci moral. Ils sont esthétiques (je crois saisir ici, jusque dans le choix des expressions, le reflet des doctrines d'un maître très populaire parmi la jeunesse pensive , M. Gabriel Séailles). Ils seront « artistes », au vrai sens du mot; c'est-à-dire que, ayant pressenti leur individualité, ils tâcheront de la réaliser, de la créer par la puissance de leur liberté inventive. Ils réuniront ce qui était séparé. Leur synthèse réparera tous les ravages de nos analyses. Ils rétabliront l'unité harmonieuse et vivante de l'univers. Précisons, s'il est possible. Cet individualisme esthétique ne sera pas un égoîsme supérieur. Ce sera le règne de la grâce, la vraie vie, l'acte pur qu'aucun intérêt, qu'aucun devoir, qu'aucune idée ne limite, pur amour, pure émotion...
Ce n'est pas ma faute, si je n'ai pu trouver dans Y Idéalisme intégral autre chose que l'indécision charmante d'une aiiror^ d'arrière -saison qui cherche à vaincre les nuages, et qui ne peut pas. Mais cette lumière blême, cette aube clignotante valent mieux, après tout, que la nuit opaque où se plaisent la plupart de nos contemporains. Il y
a, dans ce livre, une sentimentalité généreuse qui aurait fait la joie du bon Jacobi et qu'envierait ce Zacharias Werner, apôtre et professeur d'amour, qui voulut, dit-on, enseigner TEvangile à M"* de Staël. Un effort sincère pour trouver la vérité, un dégoût de la vulgarité, le mécontentement de ce qui est, la recherche du mieux, le désir de vivre, que peut-on demander de plus à un jeune homme? C'est un « livre de départ pour la vie ». J'en ai parlé avec une franchise de camarade. Je me sens disposé à l'aimer comme s'il était la tentative touchante d'un frère cadet.