Taine a cité ce morceau (loc, laud
2. Voir Le mystère du sonnet d'Arvers^ par Louis Aigoin, in-8 de 11 p., 1899.
qu'il aimait, son temps, sa peine, son talent. Sa correspondance avec la comtesse de Montijo est un répertoire inépuisable d'idées et de faits. On y trouve des chroniques exquises, de courtes nouvelles, d'admirables morceaux d'histoire contemporaine. Elle serait encore enfouie dans un tiroir, si M. Augustin Filon n'avait obtenu la permission d'en publier quelques extraits. Combien d'écrivains, surtout parmi les commerçants d'aujourd'hui, seraient capables de gaspiller ainsi leur « copie »? Mérimée pensait sans doute que ce sacrifice est la plus précieuse marque d'estime qu'un homme de lettres puisse donner à une femme d'esprit.
Le malheur, l'exil, les pires épreuves, les plus douloureuses désillusions ne purent ébranler la constance et la fidélité de ce pessimiste qui se vantait de n'avoir pas de cœur. Là-dessus, les Souvenirs littéraires du poète Edouard Grenier, qui est républicain, et le livre de M.Augustin Filon, qu'un loyal scrupule a engagé dans un autre parti, sont parfaitement d'accord *. Mérimée avait eu la malechance de se laisser gagner, lui si méfiant, par l'affabilité loquace de l'Italien Libri. Lorsque celui-ci fut convaincu d'avoir volé des livres à la Bibliothèque Nationale, il s'obstina seul contre tous à le croire innocent et à le