‹ La vie et les moeurs à la Plata (volume 3)Chapitre 20 sur 50 · T. .1. JO · texte numérisé non relu

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loin en loin, transmettaient, les uns aux autres, les dépêches.

Au Mexique, la poste était desser^'ie par des courriers à pied, qui relayaient, de six en six lieues, et, de poste en poste, transmettaient, oralement, de mémoire, la correspondance. Il parait que ce système primitif peut rendre de g'rands services, puisqu'il subsiste encore dans certaines parties du Mexique.

Les Indiens de la pampa avaient, avant la conquête, peu d'occasions de communiquer avec leurs voisins; l'ennemi commun n'avait pas paru, encore, sur leur territoire; c'est la conquête qui a multiplié, pour eux, les occasions de se réunir pour le combattre, mais elle leur a fourni en revanche le cheval. Dès lors, ils sont devenus plus mobiles qu'aucune race aborigène, ont traité leurs affaires par ambassade, de tribus en tribus; dans cette immense étendue sans écho, aucun fait, même en apparence insignifiant, qu'une tribu ait eu intérêt à connaître, n'a été ignoré d'elle. L'Indien communique aux tribus voisines les nouvelles qui peuvent les intéresser, en mettant le feu aux herbes de la plaine : la forme de lincendie, l'intensité de la flamme, le nombre et la position des foyers sont autant de signes de convention, aussi clairs, pour eux, que le sont, pour les diplomates, les signes de leurs dépêches.

Pendant le siècle qui va jusqu'en 1880, l'Indien est resté le seul voyageur de la pampa, disposant d'elle à sa guise, et la fermant au conquérant. Aujom'd'hui que la défaite de cet indigène est définitive et sa destruction complète, c'est un merveilleux spectacle, pour celui qui pénètre dans ce lieu, si longtemps défendu, par la barbarie, que le réseau de routes qu'il y trouve. Elles partent de tous les points stratégiques, y reviennent, s'enchevêtrent et s'unissent; le voyageur qui les suit, est assuré qu'elles le mèneront sûrement et direc-

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