‹ La vie et les moeurs à la PlataChapitre 20 sur 88 · CHAR II. - L'HABITATION · texte numérisé non relu

CHAR II. - L'HABITATION

première importance, les autres sont, en majeure partie, des chaumières de pisé, abris suffisants pour les pasteurs qui y campent.

En somme, Thabitation, que nous avons examinée sous tous ses aspects, dénote l'aisance de Thabitant ; le climat tempéré lui permet de ne pas être exigeant sur la résistance des constructions; le prix peu élevé des matériaux et du terrain, même dans les grandes villes, de faire à peu de frais l'acquisition de l'espace qu'il peut occuper dans la ville ou dans le village.

Si son choix n'est pas fait, il peut consulter la liste des villages, en formation dans la pampa, en quête d'habitants, et se faire inscrire pour un lot de terrain qui lui sera donné gratuitement sous la seule condition d'y élever une pièce d'habitation à son usage ; il deviendra ainsi bourgeois et propriétaire, comme l'ont été les premiers colons au temps de la conquête ; plus heureux qu'eux, il n'aura pas à prendre les armes pour conquérir son foyer ou le défendre.

Les villages dans la pampa sont encore peu nombreux, ils sont, au reste, peu utiles ; il n'y a pas de centres industriels à créer en plaine, là où l'industrie pastorale et la grande culture régnent en maîtresses, l'absence de tout cours d'eau qui soit navigable ou puisse être utilisé comme force motrice justifie leur petit nombre ; peu à peu, des agglomérations de commerçants et d'artisans se forment autour des stations de chemins de fer et suffisent pleinement aux besoins de sociabilité pampéenne.

Cependant les créations de village sont encore fréquentes, chaque département veut avoir sa capitale ; si l'Etat n'a pas réservé le sol de cette ville future, on procède simplement par voie d'expropriation : on découpe dans les propriétés pri-

vées un lot de quatre lieues carrées que Ton destine à un village carré, formé dllots carrés, autour duquel des terrains de petite culture et des villas futures se découpent en carrés de huit hectares, qu'enveloppent des fermes carrées aussi de trenle-deux hectares.

Ces deux dernières catégories sont destinées à être vendues, par lots, à des colons ou des cultivateurs qui s'engagent à les mettre en culture et à les pajer en huit années; les îlots urbains se donnent gratuitement, mais sous la condition de les clore et de les bâtir.

C'est sans doute cette clause onéreuse qui arrête Télan de ceux qui rêvent de posséder un logis à eux, d*être en même temps un pionnier de la civilisation, et fait que les villages nouveaux se peuplent plus vile de parasites qui s'y installent en spéculateurs que de vrais colons décidés à y mener une vie laborieuse et bourgeoise.

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