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LA FEMME ARGENTINE, SON ROLE SOCIAL ET POLITIQUE

Le rôle de la femme dans les démocralies.— La Por/ewa. — Souvenir de Rbadavia.— La Société de bienfaisance. — Fonctions administratives des feiumos de Buenos-Aires, depuis 1810. — Sentiments religieux. — Fille à marier^ et mère de famille. — L'autorité paternelle de la mère de famille, — Soq rôle dans l'adversité. — Son action dans l'éducation de ses enfants. — La femme marchande. — La femme étrangère. — L'ouvrière. — La recherche de la paternité.

Le rôle de la femme et son influence grandissent dans k*s démocraties. A mesure que les distinctions s'effacent, qu(* h^ liens sociaux se détendent, que les mots de noblesse, de bourgeoisie et de peuple perdent de leur sens, elle tend davanlngo à planer au-dessus de cet océan d'égalité, où toutes les ambitions se heurtent et se confondent.

Elle, qui, dans notre société française, alors que la tradition aristocratique faisait encore loi, n avait pas de rang oL pouvait les conquérir tous, elle n'a rien de plus à gagner aux progrès de la démocratie; mais elle a alors un rôle jihis important à y remplir. Il lui appartient de protéger la société démocratique contre les excès et les erreurs de ses tendances. C'est elle qui devient Tânxe de la famille, et s'empare do l'éducation nationale. Le premier effet des mœurs démocratiques étant de réduire ou d'amoindrir l'autorité du père de famille, il est, par contre, d'augmenter Tinfluencc do la mère.

Suivant la poétique expression de Renan, « le monde seruil le résultat d'un dialogue éternel entre le père et le HU 'K Dans les pays soumis à là loi démocratique, il est plus vi ai

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que l'ordre social soit le résultat d un dialogue éternel entre la mère et le fils.

Les Américains du Nord nous en fournissent un exemple. Ils n'ont jamais songé h donner ni h refuser à la femme cette égalité de droits et de fonctions, que la nature n'a pas établie et que la femme ne saurait réclamer sans s'abaisser; mais ils ont constitué, dans la famille comme dans TEtat, une sorte de division des pouvoirs, conforme aux lois mômes de la nature. Pareille chose s'est produite dans TAmérique espagnole, où la démocratie est sortie, de même, d'une société édifiée sous des lois faites pour une monarchie, et a constitué, spontanément, ses mœurs en opposition avec ses lois. Étudions ici le rôle actif de la femme dans celte élaboration, et disons quel rang social elle a conquis dans cette évolution.

C'est de Buenos-Aires qu'est parti, en 1810, le grand mouvement qui a détaché de la métropole toute l'Amérique espagnole. C'est à Buenos-Aires que la femme créole a conquis, le plus vite et le mieux, un rang élevé, c^est là qu'elle a tenu la plus grande place dans les événements politiques qui ont bouleversé ce continent ; aussi occupe-t-elle, dans Topinion même de ses congénères des autres villes hispano-américaines, une sorte de rang de patricienne. — Buenos-Aires a beau ne posséder qu'un port ouvert à tous les vents, qu'une rade inhospitalière, ses habitants ont reçu et gardé le titre de portefios, les hommes du port, du port par excellence, de celui qui est le plus ouvert aux idées du vieux monde, qui les accueille le premier et leur donne droit de cité dans le nouveau. — Entre toutes les femmes américaines^ la porteha veut être la première, elle veut le rang de la Parisienne. Dans les limites de la République Argentine, où elle donne le ton.

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