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FÊTES INTIMES ET FÊTES PUBLIQUES

Les fêtes de famille. — Le jour de l'an. — Le jour de fête. - Les bal?. — Le salon, Ja danse. — Lm bals masqués. — Le caniàTaL — Fêtes nationales. — Fêles étrangères.

Lo goût des fêtes intimes appartient, à peu près exclusivement, aux pays froids. Un ciel toujours clément, un climat tempéré, engagent aux expansions extérieures, où se noie Tintimité, avec elle tous les charmes qu'elle comporte. Cela est si vrai que chez les peuples qui ont, alternativement, un été chaud, un hiver froid, c'est en hiver que Ton a accumulé les fêtes, dont l'intimité est l'élément nécessaire, c'est pour Tété que Ton réserve les fêtes nationales et patriotiques qui ne vivent que de grand air.

En passant TAllanlique et l'équateur, le calendrier grégorien , l'almanach des jours de fêtes, qui sont de tradition dans les pays d'Europe, s'est trouvé retourné: Noël, le jour de l'an, le carnaval, occasion de fêtes intimes dans les pays de Thémisphère nord, se sont trouvés placés sous l'influence troublante du solstice d'été.

Par contre, l'été, qui, chez nous, réchauffe les esprits et les pousse à des 14 Juillet, que Ton peut éternellement fêter au grand air, semble les avoir ici, historiquement, endormis dans les douceurs d'une sieste indifférente, et c'est Thiver

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qui ramène les anniversaires patriotiques, le 2S mai et le 9 juillet, et leurs feux d'artifice, grelottants sous la pluie froide.

Parmi les fêtes de famille et d'intimité, celle, qui tient en Europe le premier raog, est, certainement, le premier jour de Tan, qui marque une étape, un renouveau, qui a, pour rhomme de tous les temps et de tous les paya, ce charme que porte, avec elle, Tespérance.

Qui de nous n'attend, de la nouvelle année, la réalisalion de tous les espoirs, déçus au cours des précédentes?

Pendant celte journée sans pareille, la pensée n'a d'autre aliment. Tous ceux que vous rencontrez font, tout haut, les souhaits, que vous vous faites à vous-même. C'est la journt;e par excellence : idée que notre langue a faiio sieune et si bien rendue par le nom familier : le jour de l'an.

Aux temps de notre enfance, on nous marquait laurore de ce jour d'un caillou blanc, comme le meilleur^ le seul immaculé de ceux que contient Tannée.

Malheureux deux fois celui, qui, à cette daEe, a éprouvé une infortune, perdu quelque être aimé, soufferL quelque grave contretemps : ce jour qui doit ne se lever sur aucun souvenir triste, pendant lequel même il est permis d'oublier ceux des années évanouies, il faudra que, dans l'avenir, il lui rappelle le malheur souffert, comme pour lui enlever le seul jour heureux qu'apporte l'année qui commence.

Ces idées européennes, ce respect du jour, qui efface tout et promet tout, sont ici d'importation bien récente. Il y a quelque vingt ans, personne ne songeait à fêter le nouvel an* A peine, pour varier les saints quotidiens, s'adressait-oii quelques souhaits pour Tannée qui s'ouvrait : cela n'avait ni importance ni grand intérêt. Ce premier jour de Tannée a Tinconvénient d'en être aussi le plus chaud; c'est Tépoque où toutes les familles ont quitté la ville et sont répandues en villégiature, sur tous les points les plus variés, où les vacances des écoles

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et des tribunaux ont emmené au loin une partie importanle de la société.

Les étrangers ont conservé, pour cette date, et colle de Christmas, le respect qu'ils ont sucé avec le lait; pour que rien n*y manque, ils essayent d'implanter et d'acclimater leurs usages sans y lien changer.

Les Allemands et les Anglais font leur fête le 23 décembre^ les premiers, combattent la chaude température par Tapplication lies similia similibiis, en accumulant des choucroutes d^imporLation sur des jambons et autres delicatesschen que leur fournissent Mayence et Francfort.

Les Anglais se groupmit autour d'arbres de Noël, se livrent à leur prodit^alité habituelle de chromolithographies, où des oiseaux de tuutes les couleurs laissent sortir de leur bec les souhaits les plus chaleureux et les versets bibliques les plus rt^confûrLants : eux, aussi, reçoivent, du pays natal, pour ce jour-là, les plum-puddings, tous les jcnns^ toutes les cfinrculeries qui sont, il paraît, le souvenir le plus tenace de IVnfance dans les pays du Nord.

Les Français ne diffèrent des autres étrangers que par le choix de leurs souvenirs de bouche. Eux aussi, font tous leurs efforts pour que, pendant ce jour, la maison et la table offr^ml le spoclacle qu'elle avait sous le toit paternel. On commet^ sans sourciller, Tanachronisme indigeste, des marrons et des foie gras, par quarante degrés de chaleur. Ce n'esl pas le calendrier, c'est le soleil qui doit se tromper. Le boulevard des Capucines fournit ses sucreries les plus fines, qui traversent la ligne et supportent vingt-cinq jours de voyage, dans les régions tropicales, par un prodige d'acclimatation qui p:u'alt invraisemblable. Le classique sac de bonbons sort intact de sou duvet protecteur, et fait concurrence de fraîcheur aux produits de la confiserie locale, que les Italiens, les Français et les Espagnols ont cependant développée au delà de toute mesura.

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L'usage des visites officielles, pendant ce jour consacré, ne s'est pas implanté : il fait trop chaud.

Les familles indigènes restent très en dehors de ce mouvementy sauf toutefois celles, nombreuses, où des étrangers sont entrés. Ce sont ceux-ci, alors, qui introduisent leurs mœurs dans la famille dont il font partie : on fête à la mode française, allemande ou anglaise, Christmas, ou le jour de Tan, d'une façon au reste toute passive, acceptant l'innovation dans ce qu'elle a d'agréable, sans en prendre d'aucune ma* nière les charges.

Cette date ne fait donc pas époque; elle passe presque sans bruit, le lendemain n est pas à projfrement parler un lendemain de fête.

Les fêtes intimes ne sont pas pour cela inconnues ; les seules qui soient gardées sont les anniversaires de naissance ; on ne fête pas le patron, sous l'invocation duquel les enfants chrétiens sont mis, le jour de leur baptême.

Autrefois, l'usage était de donner, toujours, à chaque enfant le nom du saint ou de la fête, que le calendrier indiquait pour le jour de sa naissance; de laces substantifs étranges qui sont devenus, dans la langue espagnole, des prénoms à l'allure de sobriquets, comme Conception, Circoncision, Epiphanie, Remedios ou Dolores, qui n'ont même pas l'avantage d'indiquer le sexe de la personne qu'ils désignent.

Cet usage disparaît ; celui de fêter le jour de la naissance lui survit, il s'appelle encore el Dia del Santo, ne rappelât-il aucun saint et celui que l'on fête n'eftt-il aucune chance d'être canonisé.

Ce jour-là, apparaissent sur la table tous les luxes inusités dans les autres jours de l'année. Les familles créoles ont, dans l'ordinaire, peu de souci de Part de bien vivre; el Dia

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