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GENRE MULET TE

Les SluUtlcs(Unio) vivent, comme les Anodontes, dans les fonds vaseux des eaux douces de tous les pays.

L’animal est semblable à celui des Anodontes, mais la co-

Fig. 1 5 j. Mulelte littorale. (t»io liltoralû. Cuvier.)

quille présente des dents à sa charnière. La face inférieure des valves) est nacrée. dette nacre est nuancée de pourpre violet, cuivré et irisé. La face antérieure est teinte d'un vert qui varie du tendre au noir.

Parmi les espèces qui vivent dans nos mers d’Iiurope, nous citerons la Moule du Wiin, grande espèce dont la nacre est employée pour la parure; — la Mulette littorale (Hg. 155), — la J/u- Jelte des peintres (lig. 156), espèce oblongue et mince, employée dans les arts pour contenir certaines couleurs.

Les Mulcttes, très-connues sous le nom de Moules de rivière, sont coriaces, d'un goût extrêmement fade, et partant non

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mangeables. Les plus belles espèces viennent des grands fleuves d’Amérique.

Les Mulettes produisent, comme nous l’avons dit, des perles, mais de médiocre valeur. Linné, qui connaissait le mode d’origine des perles de la Pintadine, et celui des perles en général, savait parfaitement faire produire à divers mollusques des perles artificielles. Il proposa de réunir un grand nombre de Mulettes, de les percer d’un trou avec une tarière, pour leur occasionner une blessure, et de les parquer ensuite, pendant cinq à six ans, pour attendre que la perle fût formée.

Fig. 156. Molette des peintres. (Unio pictorum. Lin.)

Le gouvernement suédois consentit à mettre cette méthode en pratique, et il en fit longtemps un secret. On réussit, en opérant ainsi, à produire des perles ; mais elles étaient d’une beauté médiocre, et la dépense l’emportant sur la recette, on renonça à pousser plus loin l’entreprise.

GENRE TR1DACNE.

Les mollusques du genre Tridacne fournissent les plus grandes coquilles de mollusques acéphales connues. Les historiens à qui l’on doit le récit des guerres d’Alexandre le Grand

MOLLUSQUES

parlent d’Huftres de la merdes' Indes qui avaient plus d’un pied de long ; ce sont probablement ces coquilles qu’avaient vues les conquérants macédoniens.

Les valves de la Tridacne gigantesque ont environ un métré et demi de longueur, et pèsent 250 kilogrammes. On peut en voir deux magniliques exemplaires à l’église de Saint Sulpice à Paris : elles servent de bénitiers. Ces admirables coquillages furent donnés en cadeau à François I" par la république de Venise. Sous Louis XIV, le curé Languet les fit accorder à l’église Saint-Sulpice. Ces curieux bénitiers sont représentés sur la ligure placée en regard de celte page.

Dans l’église Sainte-Eulalie à Montpellier, on voit duix bénitiers de la même origine, mais de plus petite taille.

C’est en raison de l’usage auquel on consacre souvent les coquilles monstrueuses de ce mollusque qu’on a donné le nom vulgaire de Bénitier à la Tridacne gigantesque ( Tridacna gigas) (lig. 157).

Les coquilles de la Tridacne ont à peu près trois angles F.lles sont allongées, festonnées sur leurs bords, par un petit nombre de grandes eûtes, hérissées d'écailles entièrement blanches. La charnière présente deux dents; le ligament est allongé et externe.

L’animal desTridacnes est remarquable par ses belles couleurs. Celui de la Tridacne safranie est d’un bleu superbe sur les bords, rayé en travers d’une nuance d’un bleu plus pâle. Plus cn'dedans est une rangée de petites lunes, d’un jaune verdâtre; le centre est d'un violet clair, avec des lignes longitudinales ponctuées de brun.

c On a sous les yeux, disent les voyageurs Quoy et Gaimard, l’un des plus charmants spectacles que l’on puisse voir, lorsque, par une petite profondeur, un grand nombre de ces animaux étalent le velouté de leurs brillantes couleurs, et varient les nuances de ces parterres sous-marins. Comme on n’aperçoit que l’ouverture bâillante des valves, on no peut se figurer ce que c’est au premier aspect. »

Le manteau de l’animal est ferme, ample. Ses bords sont renflés, réunis dans presque toute la circonférence, de manière à ne laisser que trois ouvertures, assez petites. L'une sert à la sortie des aliments digérés; l’autre donne accès et

Fig. J57. Tridacnt giganttsw, servant de bénitier à l cgl.se Sainl-Sulpicc A Paris.

ACÉPHALES

sortie à l'eau nécessaire à la respiration de l’animal. Ces deux ouvertures s’ouvrent supérieurement. La troisième est inférieure et libre ; elle livre passage au pied, qui est énorme et entouré de fibres byssoïdes.

A l’aide de la houppe soyeuse de son hyssus, l’animal se fixe aux rochers, et y suspend sa pesante coquille. Si l’on veut

Fig. 158. Tridacne faîtière. ( Tridacna tqvamota. Lamk.)

s’emparer d’une des coquilles énormes ainsi appendues aux flancs d’un rocher, il faut couper, à coups de hache, les cordes du hyssus tendineux qui la tiennent suspendue.

Toutes les espèces de Trichâtes habitent les mers tropicales. La Trichent gigantesque, ou Bénitier, habite la mer des Indes.

Fig. 159. Tiulacne failière. (Tridacna aquamota. Lamk.) Vue en de tans.

La chair de ce magnifique mollusque, quoique coriace et peu agréable au goût, est pourtant d’une grande ressource pour les pauvres indiens.

Nous représentons (fig. 158 et 159) le Tridacna squamosn comme exemple de ce genre.

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GENRE BUCARDE.

Dans la petite famille dont la Tridacne a été, pour nous, l’unique représentant, ainsi que d’ailleurs dans les deux familles précédentes, le manteau de l'animal était plus ou moins largement ouvert, mais ne se prolongeait jamais de manière à former des tubes. Chez les mollusques dont nous allons actuellement esquisser l'histoire, c’est-à-dire les Bucardes, Donaces, Tellincs et lcnux, l’appareil respiratoire se modifie, pour s’adapter aux habitudes de l'animal. Comme ces mollusques vivent enfoncés dans le sable ou dans la vase, deux grands

Fig. 1G0. Cardium hians. (ürocclti.)

tuyaux, partant de l’intérieur de leur corps, viennent mettre l’air atmosphérique en rapport avec l’orgune respiratoire, c’est-à-dire avec les feuillets branchiaux.

Les Bucardes, ainsi nommées pour rappeler que la plupart de ces coquilles ressemblent, par leur forme, à un cœur (xapSia, cœur), sont très-abondamment répandues dans toutes les mers. Leur coquille est bombée, comme on le voit dans la ligure 160, qui représente le Cardium hians, à peu près en

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forme de cœur, équivalve, à bords dentés ou plissés, à charnière munie de quatre dents sur chaque valve. Leurs ornements accessoires présentent, suivant les espèces, des différences tranchées quant à leur nature et à leur disposition.

ris- 16t. Bucarde du Groenland. (Cimlrtim (iroeulamlicutn. ChemniU.)

Les unes sont lisses, comme on le voit sur la figure 161, qui représente la Bucarde du (Irocnland; d'au Ires, et c’est le plus grand nombre, sont garnies de côtes régulières, ordinaire-

Fig. 162. B u carde épineuse. Fig. 163. Bucarde souillon.

(Cardium aculeatum. Lin.) (' ttrdium tdulc. Lin.)

ment obtuses, quelquefois relevées en carène et déchiquetées d’une manière bizarre; d’autres enfin sont armées d'épines droites ou recourbées : telle est la Bucarde épineuse (fig. 162).

L’animal de la Bucarde (fig. 160) a le manteau largement

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ouvert par devant, bordé inférieurement de papilles en forme de lentilles. Son pied est très- grand et coudé parle milieu. Sa bouche est transversc, en forme d’entonnoir et munie d'appendices triangulaires.

L’une des particularités les plus curieuses de l’organisation de ces mollusques est, comme nous l’avons déjà dit, en rapport nécessaire avec leur manière de vivre. En efTet, les Bucardes qui, le plus communément, habitent les bords de la mer, s’enfoncent dans le sable, à la profondeur de dix à douze centimètres. Pour qu’elles puissent respirer et tirer de l’eau leur nourriture, comme aussi se débarrasser des produits inu-

Fig. 164. Burarde exotique. (Cardium cottaium Lin.)

tiles de la digestion, leur manteau se prolonge en deux tubes, dont les orifices arrivent jusqu’à la surface du sol. C’est au moyen de leur pied et d’un appareil de locomotion extrêmement curieux que les Bucardes peuvent à volonté sortir de leur trou et y rentrer. Les pêcheurs du rivage reconnaissent aisément la présence de ces animaux par de petits jets d'eau qu’ils lancent avec une certaine force à travers le sable de la plage.

Ces mollusques sont répandus dans toutes les mers du globe et sous toutes les latitudes. On en trouve plusieurs espèces sur nos côtes, où on les recueille pour en approvisionner les marchés. Leur chair est pourtant coriace et peu estimée.

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L’espèce la plus commune sur le littoral de l'Océan est le Carclium edu'.e, connu sous le nom de Bucardc sourdon (fig. 163*. Sa coquille, de couleur fauve ou blanchâtre, est creusée de vingt-six sillons, formant autant de côtes ridées.

La Bucarde exotique (fig. 164), qui habite les côtes de la Guinée et du Sénégal, et dont la coquille est blanche et fragile, est très-recherchée des amateurs. Son prix est assez élevé quand il est certain que les deux valves appartiennent bien au même individu.

GENRE DONACE.

Les Donacts ( Donax , roseau) vivent sur les rivages, à peu de profondeur sous l’eau, enfoncées perpendiculairement dans le sable. Elles sont si abondantes sur les côtes delà Manche et de

Fig. 165. Dotiace tronquée. ( Portai truncvlu Lin J

la Méditerranée, qu’elles servent à la nourriture du peuple. On les mange cuites.

Ces bivalves ont cela de singulier, qu’ils peuvent sauter à une certaine hauteur, et s'élancer à une distance de plus de 30 centimètres. On peut aisément se donner ce curieux spectacle à la marée basse. Les Donaces que le flot a abandonnées cherchent à regagner la mer. Si on les saisit avec la main pour les dégager du sable, elles impriment à leur coquille un mouvement énergique et subit, grâce à l’élasticité de leur pied comprimé, tranchant et auguleux.

N’est-il pas curieux de voir une coquille qui bondit!

Cette coquille de la Donace est à peu près triangulaire, comprimée, plus longue que haute, régulière, équivalve, inéquila-

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térale. La charnière porle trois ou quatre dents sur chaque valve.

L’animal est légèrement comprimé et plus ou moins triangulaire. Son manteau, qui est formé de deux lobes symétriques enveloppant le corps, est ouvert dans une grande partie de son étendue, mais soudé postérieurement, et se prolongeant en deux siphons, ou tubes presque égaux. L’un de ces tubes sert à la respiration : c’est le siphon branchial. L’autre est désigné, à cause de ses fonctions, sous le nom A’anal.

Les tentacules du siphon bunchial sontdivisés enarbuscules, qui jouissent d'une sensibilité exquise. Dès qu’un corps vient à les toucher, l’animal contracte son siphon , et ne se décide à le dilater de nouveau que lorsqu’il suppose qu’il n’y a

Fig. 106. Donacc ridée.

(I)onax rug o*u>. Lin.)

Fig. 167. Dunacc dcntlculêe.

(/fc>»iu.i deniiculatus. Lin.)

plus de danger pour lui. Sur la figure 165 qui représente la Donace tronquée, on voit ces deux tubes qui servent aux fonctions physiologiques de l’animal.

Les espèces de Donaces vivantes sont très-nombreuses, surtout dans les mers d’Asie ou d’Amérique. Nous citerons parmi les espèces européennes, les Donaces ridée (fig. 166), denticulée (fig. 167), etc.

GENRE TELLINE.

A côté des Donaces vient se ranger le genre des Teltines, et celui des Vénus.

Le genre Telline renferme un très-grand nombre d'espèces à coquilles assez petites, mais remarquables par la beauté, l’éclat et la variété de leurs couleurs. L’une d’elles, que nous

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représentons dans la figure 168, est ornée de rayons d’un beau rose doré, sur un fond blanc de porcelaine : on l’appelle Soleil levant.

Les Tellines se trouvent dans toutes les mers. Nos cèles. de

l ig. 168. Telline soleil levant. ( Tellina radiata. Lin. J

l rance en fournissent plusieurs espèces. Nous représenterons

Fig. 169. Telline vergetée.

(Tellina virgala. Lin.)

Fig 170. Telline sulfurée.

( Tellina aulplmrea. Laink.)

en particulier les Telline vergetée (fig. 169), Telline sulfurée

Fig. 171. Telline donacée. ( Tellina donacina. Lin.)

(fig. 170) et Telline donacée (lig. 171). On voit sur cette dernière figure l'animal avec ses deux tubes vitaux.

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