CIIAP. III. — LA JEUNESSE ET L'EDUCATION
céder ce poste ù un avocat, un professeur de langues gouvernera une banque, un officier de cavalerie commandera un cuirassé.
Ces anomalies étonnent fort peu. Ce que nous avons dit de la manière dont s’acquiert l’enseignement, de l’effort individuel que l’étude demande à l’élève, l’explique de reste. Celui qui est arrivé, presque seul, sous une direction très lâche, jusqu’au dernier diplôme, est mieux préparé à acquérir, seul, les connaissances nouvelles, que lui impose son goût pour une carrière nouvelle; il lui faut pour cela moins d’efforts que pour se spécialiser dans celle qui le rebute.
Peut-être ceux mêmes qui sortent de l’école primaire, et ont passé, depuis, leur adolescence au milieu des luttes de la vie, sont-ils également préparés à reprendre sur le tard des éludes, à conquérir une place dans des carrières ou des professions auxquelles ils ne semblaient pas destinés : ces cas ne sont pas rares, à ce point de vue comme aux autres, l’école primaire tient une grande place dans l’organisation sociale.
Celui qui voudra recueillir dans ce pays des traits de mœurs intéressants et se convaincre que l’individualisme y domine la démocratie, devra s’arrêter devant l’école primaire et y pénétrer.
Elle 11’a pas partout le même type; partout elle a existé d’elle-même; elle est pour ainsi dire sortie du sol, avant que l’Etat ait pu se préoccuper de la créer.
Que 1 on réfléchisse, en effet, que nous sommes dans un pays, où, suivant les statistiques, on trouve en moyenne un habitant par kilomètre carré, ce qui veut dire, en langage moins savant, que l’on peut y parcourir des milliers de kilo-