‹ La vie et les mœurs à la Plata (volume 2)Chapitre 113 sur 152 · CHAP. III. - LA JEUNESSE ET L'ÉDUCATION · texte numérisé non relu

CHAP. III. - LA JEUNESSE ET L'ÉDUCATION

jeunesse. Pour le plaisir de parier, elle s’esl intéressée aux prouesses des joueurs de paume, nombreux et, habiles dans un pays où l’immigration basque s’est toujours renouvelée. Peu à peu, les jeunes gens ont pris goût à ce jeu de paume, auquel ils assistaient d’abord en spectateurs ou en parieurs, et un beau jour sont descendus dans l’arène. Dès lors, le jen de paume est devenu une institution nationale, des sociétés se sont formées pour lui construire des salies aussi vastes que des cirques romains, où prennent place cinq ou six mille spectateurs. Ces entreprises sont assez prospères pour qu’elles aient pu engager en Espagne des premiers sujets que l’on paye, comme des ténors, cinquante mille francs par saison.

Fêtés, adulés, vigoureux, avec des allures de femmes en quête de galants, les joueurs de paume ont pris le rang qu’occupent à Séville et à Madrid les toreadores, mais au moins ont-ils donné l’exemple d’un exercice sain et d’un sport utile à la jeunesse.

Dans un pays où les enfants abondent, où toutes les maisons en sont encombrées, où en même temps les facilités sont grandes d’élever, presque sans frais, tout ce petit monde, il est naturel de supposer que l’enfant abandonné est une exception et, que si, par hasard, il s’en trouve, il doit difficilement trouver une place à occuper, dans ces maisons déjà si bien pourvues d’enfants. La réalité donne un démenti aux suppositions les mieux fondées.

Les enfants abandonnés sont très nombreux, le tour ouvert existe, la maison d’enfants trouvés en reçoit beaucoup, mais elle place avec facilité ceux dont elle a la charge. Familles riches, aisées ou pauvres, ménages sans enfants, les demandent, les recueillent, les élèvent, les établissent, les adopte-

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