LIVRE III
raient, si, par une singulière anomalie, dans ce pays, où cette sorte d’adoption de fait est si fréquente, le législateur n’avait eu l’idée étrange de supprimer du code l’adoption légale.
Dans les maisons riches, où les enfants sont nombreux, il n’est pas rare de trouver au milieu de ceux de la famille d’autres enfants, généralement de couleur, chinos, pardos ou tri- » /uenos , faisant plus ou moins office de serviteur, de mentor des autres enfants, ou simplement de compagnon de leurs jeux : quelquefois cet enfant sera de race indienne de la pampa ou guaranie.
D’autres fois encore, vous trouverez un enfant blond, élevé, choyé dans une maison où il n’est pas né, épave recueillie, devenu objet précieux pour ceux qui l’ont si longtemps soigné.
Tous ces enfants sont des abandonnés; leur origine est identique, leur sort des plus variés; ils sont tous soumis à la même loi. sous la tutelle générale de l’administration des mineurs, qui les enregistre, les surveille, les protège, leur tient lieu de famille, à qui ceux qui les ont reçus doivent compte de leur personne et de leur moralité.
Si vous demandez à ceux qui les élèvent : « Cet enfant est-il à vous? », ils vous répondront : « Oui, il est à moi, on me l’a donné con el papel, avec le papier. »
Ce papier n’est pas l’équivalent de ce que nous mettons en français au pluriel et que nous appelons les papiers. Un Français a toujours ses papiers; partout où il va, il est fier de les avoir et de les étaler; il est, par contre, humilié si on lui demande de les exhiber. - — « Avez- vous vos papiers? » est le dernier affront que l’autorité se permette de faire au citoyen : elle ne les demande généralement qu’à ceux qui ne les ont pas. Aussi, partout où vous rencontrez un Gaulois, il aura ses papiers et les défendra comme sa vie.
Pair eaux. *— La Vie et les Mœurs nu t,a Plata, tome I
Canotiers dans le delta du Parana. (Voir page 258.)