FONDÉES
millions.
millio os.
Banque Constructor de Santa-Fé . . . .
Estero
Espagnole du Rosario
Banque Provinciale de Catamarcu .
Constructor de Cordoba
— Tucuman...
Sud américaine
— Corrientes .
Industrielle et Commerciale..
Rioja
de la Bourse
San-Luis. . . .
Provinciale de San-Juan
Salta
Mendoza
Hypothécaire de la capitale
— Santiago del
Le capital total (les banques de la République Argentine, s’élève donc à un milliard six cent quatre-vingt-dix millions de francs, dont 731 millions seulement correspondant aux banques existant avant 1888.
La loi dite des banques garanties, du 3 novembre 1887, n’a pas encore produit tous ses effets, mais elle a permis aux États provinciaux de constituer leur outillage monétaire et financier.
Le jeu de cette loi demande à être expliqué. Elle est empruntée de toutes pièces aux Etats-Unis, qui l’ont expérimentée depuis longues années au grand profit de leur commerce et de leur peuplement, elle déterminera avec le temps, d’immenses progrès dans la République Argentine. Elle autorise, en effet, tout établissement financier constitué, à émettre du papier monnaie, sous la condition expresse de déposer à l’avance dans la trésorerie nationale des titres de rente nationaux, pour une somme égale à l’émission qu’il veut faire. La Banque, donc, qui prétend accepter les charges et bénéfices de cette loi, s’adresse au gouvernement national qui lui remet contre espèces des fonds nationaux 4 1 /2 0/0 d’intérêt annuel, la Banque devenue propriétaire de ces fonds les dépose au bureau des banques garanties, qui se chargera de lui en payer les intérêts et qui lui remet en échange des billets de banque d’un type reconnu par l’État, mais fabriqués spécialement pour l’établissement qui va les émettre.
La Banque donc ainsi constituée, assure à son capital un intérêt annuel de 4 1/2 0/0, auquel viendra s’ajouter le bénéfice de ses opérations. C'est sous le pavillon de cette loi, que les États provinciaux de Mendoza, Cordoba, Corrientes, San- Luis, Catamarca, etc., se sont présentés en 1888, sur le marché financier européen pour emprunter les capitaux nécessaires à la création de leurs banques locales, qui, si elles suivent le chemin tracé depuis 1834, par la banque de la
province, contribueront puissamment à la colonisation et à l’enrichissement du pays.
La conséquence première de cette loi a été l’augmentation de la circulation fiduciaire et par conséquent l’enchérissement de toutes le denrées, le développement des constructions, la hausse du prix de la terre, l’augmentation du luxe et de la spéculation.
La circulation fiduciaire autorisée qui, en 1887, était de 60 millions de piastres, se répartit ainsi au lor janvier 1889.
millions de piastres
Banque Nationale 86
— de la Province de Buenos-
Aires 50
— de la Province de Santa-Pé. . 20
— — Oordoba 25
— — Entrerios... 8
— — Tucuman. . . 4
— — Salta 2j
Banque de la Province de Santiago del
Estero 10
millions de piastres
Banque Allemande 5
— de Mendoza . 15
— de Rioja 5
— de San-Juan 1
— de San-Luis 1
— de Catamarca 1
— de Corrientes 5
G est à cette augmentation de circulation, que l'on doit certainement la création de Sociétés de tous genres, plus ou moins bien conçues, embrassant, en l’année 1888, un milliard de francs, capital nécessairement fictif destiné à être employé
à des opérations imaginaires.
En voici la liste :
Nom des Sociétés. Capital.
Sud-Americanade billets de banque Pesos 1.000.000
<. Bristol Motel » 200.000
Assurances « La Universal ».. 300.000
u Colonia Juarez Celman »... 1.000.000
Colonisatrice du Limay 3.000.000
Cooperative d’éclairage au gaz. 2.500.000
« Territorial La Plata » 10.000.000
« La Olivera 2.000.000
Cooperative de Consommation. 500.000
« La Arenera de Olivos » 62.000
Union Industrielle ■ 500.000
Télégraphique Téléphonique del
Plata 500.000
Boucherie anglaise 150.000
La Italia Re-Assurances 4.000.000
Nom des Sociétés. Capital.
Banque Immobilière 2.000.000
Cooperativa Argentina 400.000
Constructora de San -José de
Flores 1.000.000
Eclairage électrique Edison ... 500.000
Elévateurs dépôts de grains... 3.500.000
Cooperativa de chapellerie 2.000.000
Argentine de Tramways 4.000.000
La Sanitaire 1.000.000
La Argentina (papeterie) 1.500.000
La Viticole Argentine 1.000.000
Fronton Buenos-Aires (jeu de
paume) 220.000
Artesonado Argentine (jeu de
paume) 250.000
Hippodrome Nacional 50.000
Nom des Sociétés. Capital.
La Italo-Argentina (assurances) 2.000.000
La Argentina (libreria) 200.000
Mines de fer et or de Liniers.. 300.000
La Buenos-Aires Dairy Co (laiterie).. î .000.000
Liberi Muratori(chaux. ciment). 100.000
Fabrique nationale de Tabacs. . S00.0J0
Chemins de fer colonisateurs . . 5.000.000
Gaz de San-Nicolas 300.000
Coopérative de Cristallerie 200.000
La Protectora Agricola (Segu-
ros) 3.000.000
« Terrains Port Madero » 6.000.000
La Industrial (Minas) 1.000.000
General poblatrice 5.000.000
La Negra (glace) 120.000
La Heladora Coopérative 150.000
Terres del Paraguay 1.000.000
Nom des Sociétés. Capital.
Hippodrome San-Nicolas 100.000
Tramways à vapeur Uruguay.. 100.000
Colon satrice du Chaco central. 2.000.000
Popular Colonisatrice 1.000.000
Yinicoleu La Perseverancia ».. *100. 000
Transports Expreso « Villa-
longa » 2.500.000
Omndms y Hansom Cabs.j. ... 500.000
General d'allumettes 2.000.000
L’ouvrier 2.200.000
Ateliers réunis du Chaco, Cor-
ricntes, Misiones 5.000.000
« Los Campos Eliseos » 375.000
La Alianza (terrains) 1.000.000
La Plata (extrait de viande). . . 1.000.000
La Industrial Rosarina £00.000
Salines Argentines 1.000.000
La Minera Andiua 3.000.000
Ces sociétés constituent plutôt un danger qu’un progrès, dans ce pays surtout, où la circulation est garantie par le crédit de la nation elle-même qui a constitué l’encaisse en fonds d’Etat, et où la marche des affaires, la direction donnée à la politique, intéresse au plus haut point le commerce et les affaires privées.
Ce que nous avons dit des ressources de l’Etat et des sources de la fortune privée suffit à démontrer que la République Argentine, comme tous les pays dont la croissance est rapide, doit éprouver, de temps à autre, des malaises passagers, compagnons ordinaires du développement des sociétés comme de celui des individus; mais l’expérience et l’examen de ses forces productives suffisent à démontrer, que, pendant de longues séries d’années, elle peut grandir encore sans arriver à capter toutes les sources de la fortune publique et de la fortune privée que contient son immense territoire, et dont la majeure partie est encore ignorée.
Elle a, pour l’aider à marcher dans cette voie de conquêtes fécondes, en même temps que l’esprit remuant et Eactivilé mercantile de ses habitants, le Ilot continu des immigrants qui lui apportent le capital de leurs forces, de leur intelligence, de leur ambition et y créent, par leur travail, pour en faire un nouvel agent de progrès, le capital d’épargne dont nous
avons trouvé la trace dans la caisse de toutes les Banques, sous la forme de dépôts. Enfin, elle a encore, pour l’aider à réparer toutes ses erreurs, si elle en commet, ce qui est à croire, ou ses revers, si elle en éprouve, ce qui est à prévoir, ce silencieux et laborieux producteur qui donne la fortune, fertilise le sol, le prépare à l’agriculteur, sous son pied colonisateur, n’exige, sous ce ciel clément, que peu de soins et d’attention, seulement l’espace devant lui, qui s’est donné, depuis trois siècles, et a rempli, toujours, la grande mission d’enrichir tous les habitants de ce pays : le troupeau.
Rien ne saurait atteindre une prospérité qui repose sur cette base sûre. C’est là, en somme, toute la République Argentine, c’est là ce qui la résume ; ce sont là ses pépites et ses champs d’or, pépites qui se reproduisent et se multiplient, champs d’or qui donnent d’autant plus qu’on y puise davantage.