‹ La vie et les mœurs à la Plata (volume 2)Chapitre 142 sur 152 · CHAP. IV · texte numérisé non relu

CHAP. IV

la sienne. En 1860, quand il se créait, les colons étaient vingt mille, enrichis par l’élevage du mouton.

Il commençait humblement, comme avaient commencé ses lecteurs. Resté le patrimoine d’une famille, il représente, aujourd’hui, une fortune qu'aucun d’eux, pour opulent qu’il soit, ne dédaignerait. MM. Mulhall, qui ont, avec toute la gloire, tout le profit de cette fondation, n’ont cessé, chaque jour, de remplir eux-mêmes leurs colonnes de toutes les attractions qui en font un journal lu par tout le monde, écouté de tous les hommes d’affaires, renseigné à toutes les sources. Est-il besoin de rappeler que le nom de Mulhall est attaché, en Angleterre, aux meilleurs traités d’économie politique, qu’il l’est, en Amérique, aux meilleurs ouvrages écrits sur la République Argentine et le Brésil?’

Nous dirons ailleurs, en écrivant la monographie de la colonie française, l’histoire des journaux publiés dans notre langue, dont le premier remonte à 1818.

Les Italiens possèdent le leur depuis 1867, XOpêraio Italiano, auprès duquel a pris place la Patria Italiana, en 1876.

Les Allemands, moins nombreux, ont, eux aussi, un journal quotidien, et les Suisses un journal hebdomadaire. Les Espagnols, bien que tous les journaux locaux soient écrits dans leur langue, possèdent deux journaux s’occupant de leurs intérêts.

La presse de Buenos-Aires, surtout depuis que le chemin de fer relie, entre eux, tous les points de la République et les frontières à la capitale, rayonne dans toutes les villes et les villages ; déjà, le télégraphe aidant, et les ambitions de clocher s’éveillant, chaque ville, chaque village même peut suffire à la fortune d’un, quelquefois de plusieurs journaux locaux. Il serait difficile de pénétrer dans un centre de population, pour minime qu’il soit, qui ne possède pas son journal. Déjà l’on peut voir poindre la concurrence menaçante que, dans tous les pays, la presse régionale, servie

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