C II A P . I. - FLEUVES ET RÉGIONS
utilisé loulcs ses richesses spontanées; après un siècie d’interrègne, l’avenir se présente pour elle plus brillant que jamais. 11 n'y aplus de questions de frontières pouvant ramener la guerre entre les deux colosses du Sud: le Brésil et, la République Argentine ; les obscurités de la bulle d’Alexandre VI sont à la veille d’être expliquées, et, s’il était besoin de recourir à l’infaillibilité papale, on verrait qu'elle n’a pas perdu ses droits dans celle région. Ce n’est plus un outillage de guerre, c’est un outillage industriel que le Parana et l’Uruguay conduisent dans cel Eldorado retrouvé, et bientôt, par la variété de ses productions, il se mettra au rang d’Entrerios et de Corrientes Là aussi le silence s’est fait sur les querelles d’antan; le souvenir des chefs batailleurs, des caudillos , rêvant de devenir chefs d’Etats, celui des luttes passées hantent peut-être encore le gaucho sous son chaume. Dans la quiétude monotone do la vie de pasteur, sa pensée se reporte vers les grandes guerres où se jouait il ne sait quelle partie contre un ennemi qu il discernait mal, qui était certainement un gringo , un étranger usurpateur. Il a combattu, depuis 1810, tour à tour, l’Espagne, puis le Portugal, puis le Brésil indépendant; habitué aux combats, il a, après la paix, repris sa lance et couru sus à ses compagnons de la veille, à celui-ci et à cet autre : on en voulait à son autonomie! Folie de la persécution qui, lorsqu’elle s’empare des peuples, les fait tomber en tutelle. Cette folie semble guérie. La forêt de Montiel, de deux cents lieues de long, qui coupe ces régions, a repris son calme et n’abrite plus les égarés, les vaincus des insurrections passées, ni les conspirateurs.
Immense et fertile, traversée dans toute sa longueur par deux fleuves incomparables, pays de plaines où aucun