‹ La vie et les mœurs à la Plata (volume 2)Chapitre 19 sur 152 · CHAP. I. - FLEUVES ET RÉGIONS · texte numérisé non relu

CHAP. I. - FLEUVES ET RÉGIONS

déjà, il n’y a plus de centre arriéré. La voie de fer unit toutes les villes entre elles et toutes au littoral, le télégraphe les rapproche, la vie y pénètre, l’étranger s’y établit parce qu’il sait qu’il en peut sortir, y reste et fait souche de générations créoles; les fanatismes, les ignorances entretenues par l’isolement s’éclairent et se dissipent. Tout se transforme, les aspects du pays, l’emploi de la terre et la race humaine.

L’élaboration définitive d’une nation est entreprise sur un territoire dont les limites sont tracées, les frontières sûres, toutes les parties possédées et soumises à une langue et à une loi commune, volontairement acceptée.

La race, la nation, la langue, l’esprit public, les tendances sociales se dégagent peu à peu. Ils ont assez de fixité déjà, et assez de permanence pour que nous puissions essayer ici d’en fixer la loi et les caractères, en même temps qu’ils sont assez récents pour qu’il nous soit possible d’indiquer comment ils se sont préparés et constitués.

Entrons donc dans l’étude de la société argentine, maintenant que nous avons décrit à grands traits le milieu où elle s’est formée et parcouru les grandes régions où elle se développe.

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