‹ La vie et les mœurs à la Plata (volume 2)Chapitre 2 sur 152 · VUE FACE · texte numérisé non relu

VUE FACE

Buenos-Aires est du $8 juin 1580 , c’est le 28 juin 1880 que se sont résolues les questions politiques qui divisaient le pays et entravaient sa marche, que , sur leurs ruines , s'est constitué le parti national, vrai parti, du progrès national dont la destinée a été de rapprocher les unes des autres toutes les fractions du territoire, de supprimer, en même temps que les antagonismes d’un localisme étroit, toutes les distances , en couvrant le sol d’un réseau de voies ferrées complet précédant la colonisation et lui ouvrant le désert.

L’union politique faite, la prospérité en a découlé comme par magie ; de toutes les parties du monde les ambitieux ardents à être les premiers à prendre pied dans toutes les C ali for nies qui émergent de l'inconnu, alléchés par le nom même de République Argentine relevé et justifié à V improviste, sont venus en si grand nombre qu'ils ont contribué ci augmenter cette immense prospérité pour en prendre une plus large part.

Tous ces progrès, quelque rapides qu'ils soient, quelque impulsion violente qu’ils aient reçue d'une spéculation souvent trop ardente, reposent sur une base sérieuse : la mise en exploitation de la terre. L'outillage qui manquait à l' agriculture , qui manquait à l’élevage et à l'industrie des villes, leur arrive de tous côtés; à l'une une immigration qui ne s’arrêtera plus et qui augmente la population clans la proportion de 5 °/° par an, fournit, en abondance , les bras dont elle a besoin, en même temps que le crédit ouvert à tous, organisé comme en aucun lieu du monde, lui fournil les machines dont elle fait un si intelligent usage. Les éleveurs enrichis puisent dans les bergeries, les étables et les écuries de l’Europe des sujets choisis et mettent leurs efforts en même temps que leurs capitaux au service de la grande industrie pastorale, d’où sont sortis en somme les premiers capitaux du pays.

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