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et qui suffirait encore à l’enrichir si V augmentation de \ population agricole ne tendait à la faire 'passer au second rang. L'industrie des villes , enfin, a trouvé des ouvriers et des chefs d'ateliers en cesser grand nombre pour développer les petites industries et préparer l’avenir de la grande pour le jour où, des régions éloignées du littoral, sortiront de terre les matières premières qu'il faut aujourd'hui encore demander à l’Europe : le charbon et les métaux.
Cette rapide marche en avant ne s’est pas faite sans troubler quelques tètes; peut-être quelques imprudents ont-ils trop vite escompté l’avenir ; peut-être la fondation de sociétés de colonisation, de construction, de banque, de spéculation pour un capital total de un milliard de francs pendant les années 1887 et 1888 n est-elle 'pas absolument justifiée ; on aurait pu faire moins, on est excusable d'avoir fait trop.
L'excuse de toutes les folies est dans des faits bien réels qui se sont accumulés en peu d’années et qui ont suffi à déterminer un enrichissement général. Dans un pays où la terre cultivable est sept fois plus considérable qu’en France, et dont la population était, il y a trois ans, dix fois moindre qu’en France, on a vu le prix de la terre s’élever de dix ci cent et la demande augmenter à mesure que les prix s' élevaient ; on a vu la population de la ville de Buenos-Aires s’élever de trois cents à six cent mille habitants en cinq ans, celle du Roscirio de quarante à cent mille, les surfaces cidtivèes doubler d’une année à l’autre et la production augmenter deux cents fois plus vite que la population. La terre a enrichi ceux qui la possédaient, autant au moins que ceux qui l'ont cultivée ; ceux-ci payent clés loyers élevés mais les payent facilement, c’est ce qui donnera aux progrès réalisés dans la République Argentine une permanence cpte des esprits
chagrins déclarant ;ï priori qu'ils ne muraient avoir , égarés qu'ils sont par des exemples pris dans des pays où les conditions étaient différentes.
On trouvera dans celle non celle édition , expliquées, à leur place , les causes qui ont déterminé le mouvement actuel de ce pays, et le détail des modifications que des faits nouveaux ont imprimées à la société locale. Disons, cependant, que ces modifications ne sont pas encore aussi profondes qu'on pourrait le croire, que ne le croient même les Argentins qui les jugent par quelques détails superficiels. La société argentine était déjà très européenne, très parisienne , elle avait si peu de chose à faire pour le devenir complètement qu'elle a pu le faire sans se transformer. On a tort de croire, à Buenos-Aires, que ce soit un progrès que dépendre son originalité, et, pour ma part, je continue à protester, en conservant dans cette édition quelques croquis des vieilles mœurs locales qui y ont leur place , les unes parce qu’elles sont: restées vraies, les autres parce qu'elles ne sont pas assez loin pou,)' devoir être oubliées. J’ajoute que, m’étant donné la tâche de décrire la vie telle qu’elle est dans cette immense région de La Bluta que l'Europe a tant d’intérêt à bien connaître, je ne saurais 'me borner à pénétrer dans quelques riches demeures, à y chiffrer le luxe que l’on y déploie, sans dire d'où ce luxe est venu, comment les propriétaires de vastes domaines, devenus de riches propriétaires, ont pu acquérir ce luxe et s’y installe)'; il me faut aussi constater qu’ci côté des favorisés de la fortune, le travailleur continue son œuvre d’autrefois, tout en rivant mieux, en élargissant ses ambitions, son aire d'action, mais sans avoir pu, à coup de millions, transformer sa demeure et sa manière de vivre.
Les enrichis ont le travers, partout, de ne voir et de ne connaître qu’eux-mêmes , ils ne comprennent pas que
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l'on puisse s'occuper d'autre chose que de leur éclat dans le monde, ils critiquent volontiers l'auteur qui prend aux petits et aux obscurs le grand intérêt qu'ils méritent. Celui qui signe ces lignes est de ceux-là; il est heureux de constater que sa méthode n'a pas contribué pour la moindre part au succès d'un livre impartial et de bonne foi, que le public a bien voulu, dès sa première édition, classer parmi les œuvres que la République Argentine peut se féliciter d'avoir inspirées à un étranger.
Paris, 25 janvier ISS!).
Emile D AIRE AUX.
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