‹ La vie et les mœurs à la Plata (volume 2)Chapitre 4 sur 152 · DE LA PREMIÈRE ÉDITION · texte numérisé non relu

DE LA PREMIÈRE ÉDITION

Ce livre est le résultat de dix années d’études, passées, sur la terre étrangère , au milieu d’un peuple sympathique, plus français, plus acquis aux idées françaises que nos colonies , le plus anciennement unies à la métropole, dans un pays où la France a plus d’intérêts économiques à surveiller, qu’en aucun lieu du monde, où l’émigration spontanée a groupé plus de cent mille de nos compatriotes.

Il y a une utilité grande à faire connaître, dans son ensemble et dans ses détails, d’une façon précise, les aspects naturels, la vie sociale, les moeurs, les institutions, les ressources, les lois, les industries de ces contrées, que la nature a si généreusement dotées, où, pour notre race, la solution du problème de la vie se présente attrayante et facile.

C’est ce travail que l'on voudrait tenter ici.

Ecrit en dehors de toute participation et toute communication officielle, ce livre, tout d’initiative privée, ne contient pas une affirmation, qui n’ait été contrôlée, une observation qui ne soit personnelle, un trait de mœurs qui n’ait été recueilli.

PRÉFACE

Il est, avant tout, sincère, impartial et consciencieux. Le patriotisme le plus ombrageux n’y saurait trouver rien qui puisse le blesser , dans les jugements qu’il y rencontrera portés sur les institutions , les hommes, les mœurs et les usages.

Le plan, l’auteur l’a voulu concevoir aussi complet que possible, essayant de ne rien laisser dans l’ombre et rien négliger, tout en se plaçant à un point de vue tout à fait différent de ceux qu’avaient choisis les écrivains qui l’ont précédé dans l’étude de la République Argentine.

Il n’y avait pas à recommencer la description déjà ancienne, toujours digne d’être relue et consultée par tord le monde, de la République Argentine, qui compose les trois volumes de l’ouvrage magistral, écrit par le docteur Martin de Moussy, en 1865 ; non plus, la description physique entreprise, en 1874, par le docteur Burmeister. Ces œuvres peuvent désespérer quiconque essayera de décrire le pays, où ces deux savants ont passé leur vie laborieuse, qu’ils ont éclairé de leur vaste savoir.

Cependant, précisément parce que ces deux maîtres étaient deux hommes de science, — le premier un médecin et un hygiéniste, le second un naturaliste et un paléontologue,-— -ils ont imprimé , ci leurs œuvres, le cachet particulier de leurs éludes de prédilection. Le docteur Martin de Moussy a étudié le vaste territoire de la République Argentine, région par région, au point de vue spècial de la colonisation ; il a consacré, ci chaque Province, une monographie embrassant la description physique de la contrée, indiquant la nature du sol, les cultures possibles et les cultures faites, instruisant le colon sur ce qu’il a à tenter et à éviter, pour s’acclimater, vivre et pi^ospérer.

PREFACE

Un livre, comme celui-là, ne se refait pas et ne se refera pas. Il a été si profondément étudié, qu’après vingt ans, personne ne peut se dispenser de le consulter; il est resté un guide sûr et incomparable . Mais ce grand ouvrage, aujourd’hui introuvable et qu’il faudrait rééditer, n’est vraiment utile qu’à ceux qui habitent le territoire de la République Argentine, et qui ne songent, au reste, à le consulter, qu’après quelques années de séjour, quand ils veulent étendre les connaissances superficielles, qu’ils ont déjà, eux-mêmes, acquises, du pays.

L’ouvrage du docteur Burmeister n’est pas terminé ; les quatre volumes publiés, en langue française, par le savant berlinois, dénoncent le point de vue spécial où il s’est placé. Le docteur Burmeister est un observateur de la nature, c’est elle qu’il analyse, c’est la faune et la fore, la géologie, le passé préhistorique du sol et sa formation, les habitants fossiles et actuels qu’il décr it ; son livre de science profonde, d’une haute utilité, destiné aux savants, n’est pas une oeuvre de vulgarisation.

A côté de ces œuvres savantes, il y avait place pour un ouvrage de l’ordre de ceux que les Anglais préfèrent; cette place, les éditeurs du journal the Standard, publié depuis plus d'un quart de siècle à Buenos-Aires, MM. G. et E. Mulhall se la sont appréciée avec leur Hand book of the River Plate, dont n première édition remonte à 1875, dont la dernière, toute "écente, contient tous les renseignements précis, que l’on port désirer, sur la géographie, les voies de communication, la population , les industries des villes et de la campagne.

L’ouvrage, (que l’on présente ici au public, a été conçu sur un plan différent, il est écrit commue les précédents, par un étranger, ayant, comme ses prédécesseurs, passé de longues années dans ce pays, en y faisant son étude préférée des sciences sociales.

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