LIVRE II
LA RUE
tement continu des Andes et formé le continent pampéen; la puissance des eaux était alors plus grande qu’aujourd’hui.
Le Parana roule encore un volume d’eau de cinq cent vingt mille pieds cubes par seconde, FUruguay de cent cinquante mille; ils joignent, avant de passer devant Buenos- Aires, leur volume de sept cent mille pieds cubes. Leurs deux courants sont distincts: celui du Parana est de couleur jaune opaque, contenant, en suspension, du sable à peu près impalpable, dont la quantité proportionnelle constalée est de ïAô en poids et — ^ en volume; FUruguay est plus transparent, le sable qu’il charrie est lin, impalpable ét noirâtre.
Depuis trois siècles, cette énorme course de flots chargés de sable n’a produit aucun changement que l’on ait pu noter. Les marins ont toujours parlé par ouï-dire, et sur la foi des pilotes, intéressés à créer la légende de dangers imaginaires qui rendent leur office indispensable, de déplacemenls périodiques de bancs de sable, de formation rapide d’îlots inconnus. Des travaux sérieux ont démontré que toutes ces créations étaient du domaine de la fantaisie, et que le fond de la Plata ne s’est élevé ni modifié d’une façon appréciable.
Les cartes de l'Amirauté anglaise, compilées sur celles du capitaine Fitzroy de 1833, du capitaine Sulivan de 1844, du lieutenant Sidney de 1856, celles si remarquables de l’amiral Mouchez constituent, aujourd’hui, aussi bien qu’à l’époque où elles ont été dressées, des documents indiscutables et des guides sûrs.
Toute hypothèse sur l’ensablement de l’estuaire est jugée paradoxale, comme l’est toute espérance de voir cette immense plaine d’eau se transformer en îles fertiles et habitables. Ces craintes ou ces espérances chimériques, qui ont eu leur place dans les conseils où se sont débattus les projets de port devant la ville, sont depuis longtemps écartées.
Si les projets longuement mûris, ne sont pas encore réalisés,
Port Huergo à la Doca. (Voir page 97.)