‹ La vie et les mœurs à la Plata (volume 2)Chapitre 37 sur 152 · LIVRE II. - LA RUE · texte numérisé non relu

LIVRE II. - LA RUE

D’autres fois, le vent souffle du large, simple brise qui soulève le clapotage des eaux et rend difficile la nage des chevaux, ou rafale du sud-est qui jette la vague par-dessus la rive, emporte les voiliers ancrés, les pousse jusqu’au delà de la limite ordinaire des flots, pour les déposer au milieu d'un jardin ou d’une rue.

On peut supputer ce que représente de dépenses inutiles le mouvement du port de Buenos-Aires, desservi par des moyens aussi primitifs. Ce mouvement se chiffre par:

tonnes sous pavillon

anglais,

argentin 1

français,

italien,

allemand,

espagnol,

divers.

Si l’on calcule que les frais de débarquement équivalent à la moitié du prix du fret payé d’Europe à Buenos-Aires, on se rendra compte du tribut énorme que le commerce de toutes les nations paye, de ce chef, à la négligence créole, pour le chargement et déchargement de ces 4 millions de tonnes.

Les quais sont ce qu’ils sont ailleurs, et présentent, comme partout, leur vilain spectacle de marché toujours ouvert pour les vices, les caprices et les besoins impérieux des gens de mer, foule bruyante et grossière à laquelle se mêle le troupeau, errant sans direction, des nouveaux arrivés.

Us se distinguent, cependant, par le défilé continu de tout ce que l’Europe produit ou fabrique, torrent ininterrompu de ballots, de fûts de toutes dimensions, de caisses, dont la seule forme dit la provenance et rappelle à l’étranger le lointain marteau de l’emballeur, le maillet du tonnelier qui les a cloués, cerclés, préparés pour ce long voyage. Il revoit, alors,

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