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C’est , donc , la société, ses mœurs extérieures et intimes , l’organisation légale et sociale de la famille, les origines ethniques de la nation, les lois de sa formation et de son développement, ses tendances démocratiques, sa constitution politique et ses lois, ses usages judiciaires, son organisation commerciale et financière, ses industries urbaines et rurales, enfin, le caractère de l’immigration qui l’envahit et la condition des étrangers qui s’y établissent, que l’on trouvera ici étudiés.
Ce travail serait incomplet si l’auteur n’avait, aussi, indiqué, ci grands traits, le milieu naturel où cette société est née, n’avait recherché les influences de ce milieu sur son développement, en donnant les traits principaux des grandes régions, que ce développement élève, rapidement , du rang de pays vierges, à celui de contrées fertiles, préparées pour les générations futures.
Quant ci la méthode qu’il a suivie, il ne saurait mieux la caractériser qu’en rappelant les expériences physiologiques d’un savant Anglais, sir Fr. Galton, qui est parvenu à déterminer, par la photographie d’individus isolés, les traits communs de certains groupes.
Voici comment il procède: il projette, sur le même écran, plusieurs portraits distincts, ceux, par exemple, des frères et des sœurs d’une famille, au moyen de lanternes magiques, disposées de telle sorte que les images se superposent exactement ; loin de produire un dessin grossier et confus, il obtient une image où les traits communs, les traits de famille, se renforcent si bien que cette image est le type de la famille.
Il procède, aussi, d’une autre façon. Il photographie, sur la même plaque, une série de portraits, en ayant soin de ne laisser agir la lumière, sur chacun d’eux, que pendant un temps très court, et il obtient une photo-
PRÉFACE
graphie, qui est la moyenne ou la résultante des divers portraits.
L’auteur de ce livre a procédé de même. Dans V ordre métaphysique, il a rassemblé des observations successives, recueillies pendant un long espace de temps, n’a tenu compte que des traits fixes et communs ci chacun des groupes sociaux, qu’il a successivement décrits , laissant de côté les traits particuliers, les caractères, les faits et les idées sans portée générale.
Les sources où il a puisé sont nombreuses. Il a fait une étude approfondie de toutes les œuvres publiées par les écrivains, qui honorent, en si grand nombre V Amérique du Sud et en particulier la République Argentine, où les Juan- Maria Gutierrez, les Bartolomê Mitre, les Vicente F. Lopcz, les Domingo Sarmiento, les Félix Prias, les Vicente Quesada, les Ricardo Trelles, les Alberdi, et tant d’autres, suffiraient à faire la gloire d’un corps académique.
Les œuvres, touchant à l’histoire, à l’économie politique et sociale, ci la description des mœurs, à l’élude des problèmes sociaux, particuliers ci V Amérique, sont déjci nombreuses, les revues et les brochures, où se traitent ces questions avec développement, en prenant occasion de faits contemporains, sont plus nombreuses encore.
L’auteur a suivi, dans ces œuvres individuelles, ainsi que dans la presse, au jour le jour, pendant de longues années, la marche des idées, puisant Ici des documents originaux qui ne sont nulle part ailleurs ; tâche compliquée, qu’il lui a fallu s’imposer, avant d’essayer de résumer, en quelques pages, la vie sociale d’un vaste pays dont l’histoire date d’hier, mais dont la croissance est si rapide que les progrès signalés aujourd’hui seront dépassés demain.