‹ La vie et les mœurs à la Plata (volume 2)Chapitre 6 sur 152 · PUÉ F ACE · texte numérisé non relu

PUÉ F ACE

Cette activité, cette impatience de développement d'un peuple, d’une nation, d’une société, lui indiquaient qu’il fallait savoir élaguer toute observation superficielle, pour ne tenir compte que des caractères permanents; sinon, un livre, du genre de celui-ci, serait exposé à vieillir, en moins de temps qu’il n’en aura fallu pour l’écrire.

C’est là la destinée de beaucoup de livres écrits sur les pays d’Amérique.

Le pionnier qui fait, à travers la foret vierge , sa picada, ne peut ignorer qu’une végétation luxuriante en effacera vite la trace, il sait bien qu’il ne construit pas une voie romaine pour dix générations, il n’en a pas moins fait œuvre utile. Ce sentier, qu’il a percé, conservera, longtemps encore, le souvenir de ses efforts, marquera son passage oublié, éclairera la forêt, guidera les nouveaux venus, rendra, pour tous, la tâche plus simple, lesmènera, plus vite, au but, en leur épargnant quelques déceptions, quelques dépenses de forces.

L’auteur n’a pas d’autre ambition que de rendre, à ceux qui le liront, ce modeste service.

Paris, 7 août 1887.

Emile D AIRE AUX.

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