LIVRE II. — LA RUE
mentés d’olives et de raisins secs., salés et, en même temps, saupoudrés de sucre, que l’on appelle empanadas à la criolla , petits pains à la créole; les mille variétés de plats que fournil le choclo , épi de maïs tendre; les carbonadas , ragoûts, où figurent, comme accessoires, les pêches et les poires; enfin, 'les desserts où les œufs se transforment en yemas quemadas, dulce de huevos.
La table est grande et longue, hospitalière sans luxe, abondamment fournie sans prodigalité; l’hôte est rarement l’occasion de dépenses, on ne connaît guère l’usage de mettre les petits plats dans les grands : les familles sont assez nombreuses pour qu’une ou plusieurs places puissent être faites à table, sans gêner personne; la vie est assez large pour que la présence d’un étranger n’ait pas à changer les habitudes.
Au haut bout prend place le chef de famille, auprès de lui, à un des angles, la maîtresse de maison; chacun a son rang à la suite. La table s’allonge avec la famille, elle ne se resserre pas à la suite des mariages, la place des gendres et des brus est toujours réservée, le père devient patriarche ; vienne s’asseoir celui qui, pour une raison ou pour une autre, peut avoir à recourir à cet aide passager de la famille.
Si vous sortez des villes, où la salle à manger est le lieu de réunion de la famille, des villages, où la table, sans être servie avec luxe, est abondamment fournie, il faut perdre l’espérance de trouver non plus la table, mais une table.
Aux champs, sous le toit de chaume du pasteur, c'est autour du foyer que l’on se réunit, en quelque saison que ce soit. Ce foyer n’est pas une métaphore. C’est un feu de bivouac toujours