LIVRE III
représente la tendresse et elle en pétrit ce peuple sorti d'elle, dont le sentiment dominant est la bienveillance, et qui a, surtout, des passions féminines.
Le Code civil a tenu compte de cette grande place que tient la mère dans la famille. 11 a partagé, entre elle et le père, les droits qui émanent de la puissance paternelle. Si le mariage est dissous par la mort du père, l’autorité paternelle reste tout entière entre les mains de la mère. Dans aucun cas, elle n’est assistée d’un conseil de famille, ni d’un tuteur, elle n’a même pas à être investie de la tutelle, elle est plus qu’une tutrice, elle a plus de droits que n’en a, dans la loi française, le père veuf, qui perd, par le veuvage, l’autorité paternelle et devient un simple tuteur, surveillé par un conseil de famille.
Mais ce n’est pas dans la vie ordinaire, au milieu de sa banalité, que la femme doit être jugée,, c’est dans l’adversité. Dans un milieu américain, où les fortunes sont instables, où les événements semblent avoir une brutalité et un imprévu qu’ils n’ont pas ailleurs, la vie de tous les ménages ne saurait être faite de quiétude constante et de tranquillité assurée.
La placidité avec laquelle la femme sud-américaine accueille les revers et en supporte les conséquences, l’a fait accuser d’indifférence. L’influence du milieu, le croisement des races dont elle est issue, deux éléments qui passent pour avoir affaibli les créoles, lui font, dit-on, supporter, avec le même calme, le sort heureux et les jours néfastes. Sans souci du lendemain, elle serait prodigue, par négligence, dans la prospérité, insouciante dans la gêne.
Cette passivité n’est ni dans ses actes ni dans ses habi-
Un mariage. (Voir page 188.)