‹ La vie et les mœurs à la PlataChapitre 34 sur 69 · CH A P. V · texte numérisé non relu

CH A P. V

La pulperia est la vraie ennemie du troupeau, aussi le propriétaire des grands domaines a-t-il soin de canaliser, à son profit, ce mal nécessaire, en l’installant lui-même, et obligeant ses métayers à n’acheter leurs provisions que chez lui. Il peut, ainsi, diminuer le débit des denrées dangereuses, surtout régler la dépense du consommateur en lui mesurant le crédit, que la laine soldera, à la fin de l’année.

Il nous reste à voir le troupeau: on nous l’indique, au loin, paissanl, seul, sans gardien: le mieux gardé est celui qui l’est le moins, ou du moins de plus loin; la présence du berger le gênerait, l’empêcherait de paître à son aise, de se coucher quand il en a envie. Il ne faut pas moins que le berger ait l’œil ouvert et soit prêt à accourir à la première alerte; son cheval est là atout événement. Dans le troupeau de mille cinq cents à deux mille têtes, les sexes et les âges sont mélangés. Ce n’est que dans les grandes stations que les brebis, les moutons et les béliers forment des groupes distincts ; dans les petites, tout est mélangé, ce qui n’est pas sans de grands inconvénients.

Le puestero est, le plus souvent, métayer, possède le tiers de son troupeau, donne ses soins au reste, pour le compte du propriétaire, qui fournit, en échange, le terrain, 1 e pucsto et le parc. Le métayer n’a pas à traiter du prix de la laine, il le recevra des mains du propriétaire, après la tonte, qui se fait au chef-lieu de Yestancia, où chaque berger amènera tour à tour ses brebis.

Ce chef-lieu est le centre de l’exploitation, il comprend l'ensemble de tous les bâtiments nécessaires : la laine seule en exige ; le gros bétail n’en requiert d’aucune sorte, il n’a d autre mission que de croître et d’engraisser en plein air. Si

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