‹ La vie et les mœurs à la PlataChapitre 36 sur 69 · CH A P. V · texte numérisé non relu

CH A P. V

de l’aurore font, avec ce spectacle, un sombre contraste, qui rend plus cruelle encore, pour le berger ruiné, l’œuvre de la nuit froide, s’étalant irréparable, sous le soleil levant.

Que ne fait-on des abris? Après les grands désastres, on y songe toujours; puis, on calcule que cette prime d’assurance serait trop lourde ; il est moins coûteux de se promettre, pour une autre fois, plus de prudence et moins de dédain poulies avertissements du baromètre.

Sauf ces accidents, qui ne causent pas grand trouble, et n’attristent que celui qu’ils atteignent, — le paysan n’est pas, de nature, compatissant, il l’est ici moins qu’ailleurs; — les jours de pluie, qui interrompent la tonte, sont des jours gais ; l’oisiveté s’impose, on occupe ces loisirs, en paris, courses, jeux de hasard, danses et séances de guitares, où les couplets naissent sous l’improvisation du payador,. trouvère pampéen.

Pendant que la tonte continue; en attendant qu’acheteur et vendeur se soient mis d’accord sur le prix de la laine, après de longs pourparlers que l’homme des champs mène avec lenteur, nous pouvons examiner, en détail, les aménagements de la station, destinés à l’abri des béliers et à ce travail continu de l’amélioration de la laine, obtenue par celle de la race.

L’importation des béliers de race était, il y a encore un quart de siècle, une entreprise compliquée; elle est toujours coûteuse, mais, avec les steamers réguliers, bien aménagés, elle ne comporte plus les mêmes fortunes de mer. Tous les vapeurs qui partent d’Europe emportent quelque étalon ou taureau de prix, des béliers et des brebis en nombre. Tous ont une valeur, assez élevée, pour justifier les frais considérables d’un transport à cette distance.

C’est de Rambouillet que se font les expéditions les plus

Page 1