LIVRE VII
considérables, c’est le mérino de cette provenance, qui a toujours eu le don de séduire les éleveurs, à cause de sa taille et de sa grande production de laine. Le type recherché est celui du mérino importé d’Espagne à Rambouillet, do haute taille, à tête forte, aux cornes volumineuses, à la toison très étendue, cachant le front, les joues, s’étendant jusqu’au nez et à la naissance des ongles, couvrant, ainsi, entièrement, les membres et le dessous du ventre.
Avec les Rambouillet, les Negretti jouissent de quelque faveur, mais moins générale. On cite cependant une bergerie, possédant un bélier de cette race, né dans le pays, dont un éleveur français a offert cinquante mille francs, qui ont été refusés. Cette variété du mérino, se distinguant par sa taille plus petite et sa laine à mèches courtes, d’un brin moins fin, est la plus recherchée en Russie et en Autriche- Hongrie, mais perd du terrain partout ailleurs ; dans la pampa, la question de la supériorité de l’une ou l’autre race n’est pas résolue, pas plus que ne l’est celle des races anglaises, que quelques éleveurs ont introduites, entre autres, celles des south-down et des lincoln, grands producteurs de viande et de laine sans valeur.
On suit ici, partout, le système des bergeries de progression. Quelques-unes contiennent des animaux de races pures, s’attachent à perpétuer cette pureté, sans demander, à l’étranger, autre chose que quelques individus de même race et d’autre provenance pour renouveler le sang. Ils donnent à ces béliers des brebis indigènes, en vendent tous les ans les produits, dans des ventes publiques où les éleveurs viennent se fournir. On compte, à peu près, une douzaine de ces grandes bergeries, entre lesquelles une émulation constante est établie; c’est le public qui décerne les récompenses en payant plus ou moins cher les produits.
Avec les sujets ainsi achetés, les éleveurs plus modestes