GENRE PINTADINE
La Pintidine (Meleagrina) possède une coquille à valves presque égales, arrondie, assez épaisse, écailleuse au dehors, brillamment nacrée à l'intérieur, présentant au bord postérieur des valves une ouverture, destinée à livrer passage à un pinceau de soies, connu sous le nom de byssus, à l’aide duquel
l'animal s'attache aux rochers.
In |
Fig. 139. Pintadine mère perle.
(Meleagrina margaritifera. Lin.) Coquille vue en dessus. Coquille vue en dedans.
Le genre Pintadine est peu nombreux en espèces. Toutes ces espèces sont propres aux mers des pays chauds.
La plus remarquable est l’Huitre perlière ou mère perle (Medeagrina margaritiferu) (fig. 139).
A l’intérieur de sa coquille, on trouve ces perles fines qui sont estimées presque à l’égal des diamants. Cette coquille est à peu près circulaire et de couleur verdâtre en dehors. Elle fournit tout à la fois la perle et la nacre, substance fort employée dans les arts.
Les perles fines et la nacre ont, en effet, la même origine. La nacre revêt l’intérieur de la coquille de la Meleagrina margariti-
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fera; la perle n’est autre chose que cette même concrétion nacrée, qui a pris la forme globu'euse, et s’est déposée, en cet état, sur les parois de la coquille, ou à l’intérieur des chairs de l'animal.
Ainsi la nacre est la matière à la fois calcaire et cornée que l’animal sécrète, et qu’il applique aux parois intérieures du coquillage, pendant les diverses périodes de son développement. Les perles sont formées de la même substance; seulement, au lieu de se déposer sur les valves en couches très-minces, cette matière se condense, s’agglomère en petites sphérules, qui se développent, soit à la surface des valves, soit dans la partie charnue du mollusque. Entre la nacre et la perle, il n’y a donc de différence que dans la forme de la concrétion.
Fig. 140, Pintadine mère perle.
(Meleagrina margaritifera. Lin.)
La figure 140 représente l’Auttre perlière contenant à l’intérieur de la coquille ces concrétions calcaires à divers états de formation.
Les perles, qui se déposent contre les valves, sont généralement adhérentes à la coquille ; celles qui naissent dans le manteau ou dans l’intérieur des organes, sont libres.
Les perles, d’abord très-petites, s’accroissent par couches annuelles. Elles peuvent acquérir une certaine grosseur et un pâle éclat, aussi variable que celui de la nacre d’où elles proviennent.
Quelle est la cause de la production de ces corps étrangers
au sein du mollusque? La formation des perles provient, avons-nous dit, de la surabondance de la sécrétion de la matière nacrée, et cette surabondance est déterminée ellemême par quelque maladie du mollusque. On trouve presque toujours, en effet, dans le centre de la perle, un petit corps étranger, autour duquel la matière nacrée s’est peu à peu déposée concentriquement. Ce corps étranger est tantôt un œuf de poisson, un grain de sable, etc. Sa présence prouve que la cause de la production de la perle est tout extérieure, et que c’est par une véritable maladie que prend naissance cette matière si recherchée.
Les Chinois et les Indiens ont su profiter de cette dernière observation, pour faire produire artificiellement des perles à divers bivalves, et surtout à des Moules. Ils parviennent à provoquer la formation de ces produits, en introduisant dans le manteau de l’Huître ou de la Moule, ou bien en glissant adroitement entre ses deux valves, des fragments arrondis de verre ou de métal. Nous reviendrons sur ce sujet en parlant des Moules et des perles que certains de ces mollusques peuvent accidentellement produire.
Ainsi, la perle qui sert de parure et d'ornement, cet objet si précieux et si recherché, est le résultat d’une maladie d’un pauvre mollusque caché dans l'Océan. Les poëtes de l'Orient appellent la perle une larme de la mer ! Ce n’est pas une larme de la mer, mais une larme versée silencieusemeut par un pauvre bivalve : une larme qui s’amasse lentement par la souffrance, au fond de cette existence obscure, inconsciente et blessée |
La Pintadine mère perle se rencontre dans des mers très-différentes par la latitude. On la trouve dans le golfe Persique, sur les côtes de l’Arabie heureuse et du Japon, dans les mers d'Amérique, sur les rivages de la Californie, auprès des îles d'Otaïti, etc.
La pêche des huîtres perlières est une des plus importantes pêches de l'Orient.
Cest à Ceylan, dans le golfe du Bengale, et dans la mer des Indes, que sont établies les pêcheries de perles les plus productives, Les bancs formés par les Pintadines sont situés
au fond de la mer, à une certaine distance du rivage. Les coquilles sont adhérentes aux rochers, auxquels elles sont attachées par leur byssus.
Devant la baie de Condatchy, à environ douze milles de Manaar, il existe un banc considérable de Pintadines, qui occupe, en mer, un espace de vingt milles. C’est là que se trouve le rendez-vous général des bateaux de pêche venus de Ceylan.
Ces bateaux sont montés par vingt hommes, dont dix rameurs et dix plongeurs; le tout guidé par un patron de barque. Un coup de canon donne à l'équipage le signal du départ, qui a ordinairement lieu à dix heures du soir. On commence à pêcher dès que le jour arrive. Alors les plongeurs se partagent en deux groupes de cinq hommes, qui travaillent et se reposent alternativement. Dans la barque se trouvent plusieurs cordes, terminées par de lourdes pierres, que le plongeur attache à ses pieds, afin d’accélérer sa descente. Il fixe aux doigts du pied droit l’une de ces cordes, terminée par la pierre, et suspend à l’autre pied un sac en toile de filet. Puis, saisissant de la main droite une corde d’appel convenablement disposée, et se bouchant les narines de la main gauche, il plonge, en se tenant verticalement accroupi sur les talons. Arrivé au fond de l’eau, il s’empresse de mettre dans son filet, qu'il s’est alors passé autour du cou, les Pintadines qu'il voit à sa portée, et à l’aide de la corde d’appel, qu'il n’a pas quittée et qu'il secoue fortement, il avertit qu'il est temps de le ramener à la surface.
Un habile plongeur ne peut guère rester plus de 30 secondes sous l’eau. Mais il plonge à plusieurs reprises, ordinairement trois ou quatre fois. Quand les circonstances sont favorables, il peut plonger de quinze à vingt fois.
Ce travail est d’ailleurs extrêmement pénible. Revenus dans la barque, les plongeurs rendent quelquefois par la bouch par le nez et les oreilles, de l’eau teintée de sang. Ajoutez aussi que les Requins guettent et dévorent souvent les malheureux plongeurs!
Jeune fille, qui jetez un regard de satisfaction sur votre beau collier de perles, sur son éclat hyalin, sur son adorable blancheur, songez-vous quelquefois que vous portez sur vos fraîches épaules la vie de plusieurs hommes!
Les coquilles à perles rapportées par chaque pêcheur sont déposées sur des nattes de sparterie, dans des espaces carrés, entourés de palissades. Elles meurent bientôt, et se putréfient. On cherche alors dans les coquilles ouvertes les perles qu’elles peuvent contenir. Puis on fait bouillir la matière animale, et on la passe au tamis, pour retrouver les perles libres qui occ'1paient l’intérieur du corps, 6ù elles étaient enveloppées entre les plis du manteau.
Des nègres sont chargés de percer et d’enfiler les perles libres. Ils détachent les perles adhérentes au coquillage, les nettoient et les polissent avec de la poudre de perles ou de nacre.
Pour classer les perles selon leur grosseur, on les fait passer dans divers cribles, ou tamis, à treillis de cuivre, et de différentes dimensions. Chaque tamis est percé d'un nombre de trous qui détermine la grosseur des perles, et leur donne un numéro commercial. Les cribles percés de vingt trous portent le numéro 20. Ceux qui sont percés de 30, 50, 80 trous portent des numéros correspondants.
Toutes les perles qui restent au fond des cribles de ces catégories sont de premier ordre. Celles qui traversent les cribles numéros 100 à 800 sont de second ordre; celles qui traversent le crible numéro 1000 sont de troisième ordre; on les vend à la mesure Où au poids.
Dès que la recherche des perles est achevée, on s’occupe de récolter la nacre de ces mêmes coquilles. On choisit les coquilles qui, par leur dimension, leur épaisseur ou leur éclat, paraissent devoir fournir les plus belles nâcres destinées au commerce, et on en détache les lames internes.
On distingue trois sortes de nacre : la nacre franche argentée, la nacre bétarde blanche et la nacre bätarde noire. La première, qui vient des Indes, de la Chine et du Pérou, est suffisamment caractérisée par son nom même. La seconde est d’un blanc Jaunâtre, et quelquefois verdâtre ou rougeûtre et plus ou moins irisée. La troisième est d’un blanc bleuâtre tirant sur le noir avec des reflets rouges, bleus el verts.
La pêche de perles et de nacre, dont nous venons de parler, commence, à l’île de Ceylan, au mois de février ou de mars, et
ne dure qu’un mois. Elle occupe plus de deux cent cinquante bateaux.
‘En 1797 le produit des pêcheries de perles et de nacre à Ceylan fut de 3 600 000 francs, et en 1798, de 4 800 000. À partir de 1802, le gouvernement anglais afferma ces pêcheries pour la somme de 3 millions de francs. Cependant depuis une vingtaine d'années cette pêche est devenue moins productive.
Ceylan n’a pas le privilège de cette pêche, qui se pratique sur plusieurs autres points du globe. Elle se fait encore, avonsnous dit, sur les côtes du golfe de Bengale, dans les mers de la Chine, du Japon et de l’Archipel Indien, enfin dans les colonies hollandaises et espagnoles des parages asiatiques. Les Pintadines perlières sont également exploitées dans le sud de l'Amérique.
Les produits des pêcheries de perles provenant des mers de la Chine, du Japon et des colonies hollandaises de l'Asie, sont envoyés à des correspondants établis dans les ports principaux de l’Inde, et vendus aux capitaines des navires qui fréquentent ces parages. Le commerce des perles et de la nacre, qui représente dans ce pays une valeur d’une vingtaine de millions de francs, est attiré dans le grand mouvement commercial que les Anglais font aux Indes.
Sur les côtes opposées à la Perse, sur celles de l'Arabie, à Ouarden, à Bahrein, à Gildwin, à Dalmy, à Catifa, jusqu’à Mascate et la mer Rouge, la pêche et le trafic des perles et de la nacre se font d'une manière assez active. Au dire du major Wilson, la pêche sur les bancs de l’île de Bahrein représente à elle seule une valeur de 6 millions de francs. Si l’on ajoute le produit des autres pêcheries sur ces côtes arabes, on peut porter ce chiffre à 9 millions.
Dans ce dernier pays, la pêche ne se fait qu’en juillet et août, la mer n'étant pas assez calme dans les autres mois de l’année. Arrivés sur les bancs de Pintadines, les pêcheurs mettent leurs barques à quelque distance l'une de l’autre, et jettent l'ancre à une profondeur de cinq ou six mètres. Les plongeurs se passent sous les aisselles une corde dont l'extrémité communique à une sonnette placée dans la barque. Après avoir placé du coton dans leurs oreilles, et sur le nez une pince en bois cu en corne,
ils ferment les yeux et la bouche, etse laissent glisser, à l’aide d’une grosse pierre attachée à leurs pieds. Arrivés au fond de l’eau, ils ramassent indistinctement tous les coquillages qui se trouvent à leur portée, et les mettent dans un sac suspendu au-dessus des hanches. Dès qu’ils ont besoin de reprendre haleine, ils tirent la sonnette; aussitôt on les aide à remonter.
Les marchés pour les perles et les nacres du golfe Persique se tiennent principalement à Bassorah et à Bagdad, d’où les produits passent par Constantinople, pour arriver en Occident.
Disons maintenant quelques mots des pêcheries de perles et de nacre dans les mers du sud de l'Amérique.
Avant la conquête du Mexique et du Pérou par les Espagnols, ces pêcheries de perles étaient établies entre Acapulco et le golfe de Tehuantepec. Mais, après cette époque, d’autres exploitations s’installèrent auprès des îles de Cubagna et de Marguerite, de l’isthme de Panama, etc. Les résultats en furent si productifs, que des villes populeuses ne tardèrent pas à s'élever dans ces divers lieux.
Pendant le temps de la splendeur espagnole, sous les monarchies des Charles-Quint, des Ferdinand, des Philippe, etc., l'Amérique envoyait des perles à l'Espagne, pour une valeur annuelle de plus de quatre millions de francs. Les parages qui les fournissent aujourd’hui sont situés dans les golfes de Panama et de la Californie; mais, en l’absence de règlements conservateurs, difficiles à établir à cause des troubles qui agitent constamment ces contrées, les bancs, exploités sans prévision, commencent à s'épuiser. Aussi l'importance des pécheries dans l'Amérique du Sud n'est-elle plus évaluée qu'à la somme approximative de 1 500 000 francs. C’est là du moins ce qui résulte du rapport d’un lieutenant de la marine royale, auquel le gouvernement anglais donna, il y a quelques années, la mission d'étudier l’état des pêcheries dans ce pays. Le rapport ajoutait que les plongeurs devenaient chaque jour plus rares, les nègres et les Indiens renonçant au métier par la peur qu’ils ont des marrayos et tentereros, espèces de Requins qui infestent les eaux de ces parages.
Il y a, du reste, une grande inertie chez ces hommes voués à ces rudes et dangereux labeurs. I] faut avouer que ce n’est pas l’appât du gain qui peut les stimuler beaucoup, car à Panama, par exemple, ils ne reçoivent qu’un dollar par semaine. Ils sont nourris avec un mauvais morceau de morue salée ou de {asso (bœuf séché au soleil), et n’ont pour tout vêtement qu’une pièce de cotonnade qui leur passe entre les jambes et vient se nouer autour des reins. D’autres fois, les plongeurs ne sont loués que pour la pêche du jour, et reçoivent alors une paye d'environ 5 centimes par Huître perlière. Ils ont coutume de se lancer à la mer sans corde d’appel, ni sac, et pendant les vingt-cinq ou trente secondes qu'ils demeurent sous l’eau, ils ne peuvent arracher que deux ou trois Huîtres. Ils renouvellent leur descente douze ou quinze fois ; mais il leur arrive souvent de plonger sans réussite, ou de rapporter des Huîtres qui ne contiennent aucune perle.
Dans l'Amérique du Sud, les pêcheurs de perles ouvrent les Huîtres une à une, avec leurs couteaux. Ils détachent la chair du mollusque et cherchent les perles en l’écrasant entre leurs doigts. Ce travail est plus lent que la mise en bouillie etle lavage des détritus, tels qu’on les pratique dans les Indes orientales; mais les Américains prétendent que, par ce mode d'opérer, les perles conservent mieux leur transparence etleur pureté.
De tout temps la beauté, l'éclat et jusqu’à la délicatesse de la perle ont excité l'admiration des hommes, et fait consacrer ces « gouttes de rosées solidifiées, » comme les nomment les Orientaux, à la parure, à la toilette, à l'ornement. Les Romains les estimaient singulièrement. A l’époque de leur plus grande splendeur, ils portaient des vêtements brodés de perles, et ces bijoux étaient souvent d’un prix considérable. Dans une fête donnée par Marc-Antoine, Cléopatre, buvant à son vainqueur, jeta dans la coupe et avala une perle à laquelle quelques auteurs ont cru pouvoir attribuer une valeur de 1500 009 francs Margaritas antè porcos !
Sénèque reprochait à une dame romaine de porter à ses oreilles toute la fortune de sa maison.
Les Romains transmirent aux Orientaux leur passion pour les perles. La possession des plus grosses, des plus éclatantes
perles, devient, en Orient, le symbole et le signe extérieur de la richesse et de: la puissance.
Toute l’Europe partagea bientôt cette passion.
Quelques faits donneront la mesure du prix de plusieurs perles célèbres.
En 1579, on présenta à Philippe IT, roi d’Espagne, une perle de la grosseur d’un œuf de pigcon et faite en forme de poire.
En 1605, une dame de Madrid possédait une perle américaine du prix de 31 000 ducats.
Le pape Léon X acheta à un joaillier vénitien une perle de 350 000 francs.
Au dix-septième siècle, le voyageur Tavernier revendit au schah de Perse une perle au prix énorme de 2700 000 francs. Aujourd'hui le souverain de ce même pays possède un long chapelet dont chaque grain est une perle de la grosseur d’une noisette ! Sa valeur est incalculable.
La perle du prince de Mascate est peut-être la plus belle qui existe au monde. Ce qui fait sa valeur, c’est moins son volume que son admirable transparence.
Nous ferons remarquer que les Pintadines ne sont pas les seuls bivalves marins qui puissent donner des perles. La Moule commune, l’Anodonte des Cygnes, à laquelle on donnait anciennement le nom de Moule, les Muleltes et même l'Huître commune, peuvent fournir des produits de ce genre; mais ces perles ont relativement peu de valeur.
La Pinne marine, mollusque qui habite la mer Rouge et la Méditerranée, et qui atteint de grandes dimensions, produit des perles roses. L’Haliotide iris ou Oreille de mer en donne de vertes; d’autres bivalves en donnent de grises, de jaunes, de bleues et même de complétement noires. Toutes ces variétés de couleurs ne tiennent qu'à la nature du terrain formant le fond de la mer sur lequel les mollusques ont vécu. Le Grand- Bénitier peut fournir des perles sphériques et parfaitement blanches, de la grosseur d’un œuf de poule.
En Écosse, on trouve des Moules perlières dans les cours d’eau de Pesth, du Tay, du Don, etc. Dans le Cumberland, la rivière d’Ist, et dans le pays de Galles, la rivière de Ccnway, fournissent également des moules à per:es. Le gouvernement anglais
afferme le privilége de ces pêcheries, qui lui constituent un certain revenu.
Les fermiers des pêches font ramasser les Moules à l’embouchure des cours d’eau, à l’époque de la marée basse; ensuite ils les mettent sur le feu, dans de grandes chaudières. Quand les coquilles se sont ouvertes, ils en arrachent les mollusques pour les faire cuire. Après la cuisson, on en fait une bouillie en les écrasant avec les pieds. On délaye cette bouillie dans unegrande quantité d’eau et on la soumet à plusieurs lavages successifs, dans des sébilles de bois, où le sable et les perles ne tardent pas à se déposer, par l'effet de leur plus grande densité. Le lavage terminé, on laisse Les sébilles exposées à l'air, et quand le produit qu’elles renferment est desséché, on y cherche les perles avec les barbes d’une plume; chaque perle ainsi trouvée est remise à un surveillant qui paye ce travail en raison du poids de la perle trouvée.
En Irlande, les rivières de plusieurs contrées, enlre autres celles de Tyrone et de Donégal, renferment aussi des Moules perlières. Quelques-unes de ces perles atteignent parfois le prix de 20 livres sterling.
Dans plusieurs cours d’eau du continent européen, dans l’'Essler en Saxe, dans le Watawa et dans la Moldau en Bohème, les propriétaires riverains ramassent des moules perlières.
En France, on peut aussi récolter quelques perles dans les Moules de rivière et les Huîtres. Les joailliers s’en procurent quelquefois. Elles sont vendues comme perles étrangères; mais, comme toutes les perles d'Europe, elles sont ternes, d’un blanc rose, et d’une médiocre valeur.
De cette longue étude de l’Huître et de ses produits nous tirerons une conclusion dans l’ordre du sentiment.
Pour le vulgaire, l’Huître est le type de la nullité. Cependant, c’est en réalité l’un des êtres vivants qui nous rendent le plus de services. Chère à la gourmandise, chère à la coquetterie, l’Huître fait la joie de nos tables et l'ornement de nos fètes. Ne dédaignons pas, n’écartons pas les faibles! En histoire natur comme elle en morale, les plus humbles, les plus petits sont souvent bien utiles! Véritable prolétaire des
Océans, l’Huître fabrique, au milieu de ses souffrances, des richesses qui ne profitent qu’à l’homme. Et l’homme, dans sa reconnaissance, répond par unedérision auxservices qu'il reçoit de ce généreux mollusque. De même qu'il fait de l’Ane le type de l'ignorance, il fait de l’Huître le type de la stupidité!
Avec la Pintadine, nous terminons l’histoire du premier groupe d’Acéphales dont nous voulions entretenir nos lecteurs, de la famille des Ostréacés, dont le manteau est largement ouvert et sans tubes ni ouvertures particulières.
Nous passons maintenant à une autre famille, celle des Mytilacés, dont la Moule est le type.
FAMILLE DES MYTILACÉS.
Cette famille comprend le Jambonneau, l'Anodonte et la Mulette. Dans ce groupe, {e manteau est ouvert par devant avec une ouverture séparée pour l'issue du résidu de la digestion des aliments, et un pied servant à ramper ou au moins à tirer, à diriger, à fixer le byssus.