GENRE MOULE
La Moule présente une coquille longitudinale, équivalve, régulière, pointue à sa base, et qui se fixe à l’aide d’un byssus. La charnière n’a pas de dents, mais un sillon, dans lequel est logé le ligament.
M. Chenu, dans ses Lecons élémentaires sur l'Histoire naturelle des animaux, décrit ainsi l’animal qui habite l’intérieur de cette coquille :
« L'animal de la Moule est ovale allongé. Les lobes du manteau sont divisés sur leurs bords en deux feuillets dont l’intérieur est très-court et porte une frange de petits filets cylindriques et mobiles; l’extérieur est uni à la coquille fort près de ses bords. L'ouverture par laquelle s’introduisent l’eau et les principes nutritifs qu'elle contient fournit en même temps ce fluide aux branchies. L’estomac est formé par une membrane blanche, mince, comme opaline et qui offre des plis longitudinaux ; ie foie est comme granuleux ; il est composé de grains d’un vert plusou
moins foncé contenus dans des mailles d’un tissu blanc; il forme une couche assez peu épaisse qui entoure l'estomac. Les intestins se dirigent vers la ligne médiane et dorsale, s'appliquent au-dessous du cœur, se recourbent et se terminent par un petit appendice flottant dans la cavité au manteau, près de la charnière. Le-pied est la partie la plus remarquable de l’organisation des moules. Ils est petit, semi-lunaire, lorsqu’il n’est pas en mouvement, mais il est susceptible de s’ailonger beaucoup : il ressemble alors à une languette conique ayant sur ses côtés un sillon longitudinal et il est mis en mouvement par plusieurs paires de muscles qui tous pénètrent dans son tissu et s’y entrelacent ". »
A la base du pied est une glande, qui fournit à l’animal une sécrétion visqueuse. Ge liquide visqueux s’organise et se moule, dans le sillon du pied, et finit par former un fil, qui est l’origine du byssus, espèce de bouquet de poils, de crins, de fils, comme on voudra l'appeler, qui tient à sa coquille.
Fig. 141. Moule comestible. (Mytilus edulis. Lin.)
Nous n’avons fait encore que prononcer le mot de byssus : c’est ici le lieu de faire connaissance avec cet organe, propre à divers mollusques. ;
La Moule l'emporte sur l’Huître au point de vue de l’intelligence. Tandis que l’Huître demeure éternellement rivée au rocher où elle a pris racine, la Moule peut faire quelque mouvement. Ce mouvement, c’est le byssus qui lui permet de l’accomplir. La Moule fixe son byssus à un point solide, et en tirant sur ce paquet de fils, elle peut déplacer sa coquille. La maison entraînant son hôte, l'animal se met en marche. Il ne fait pas de grandes enjambées; quelques