GENRE CÔNE
Peu de genres de mollusques sont aussi nombreux et aussi riches en espèces que celui des Cônes. Ils sont très-recherchés dans les collections. C’est parmi les Cônes que l’on rencontre aujourd'hui le plus grand nombre de coquilles d’une grande rareté et d’un haut prix. C’est que les coquilles appartenant à ce groupe présentent une uniformité remarquable dans les formes, en même temps que des couleurs très-belles et trèsvariées.
La coquille des Cônes est épaisse, solide, turbinée, conique, enroulée sur elle-même à spire généralement courte, et dont le dernier tour constitue à lui seul la plus grande partie de la surface de la coquille. L'ouverture est presque aussi longue
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que la coquille elle-même, car elle occupe toute la hauteur du dernier tour. Elle est toujours étroite ; ses bords sont parallèles, La columelle ne présente ni plis ni courbures. Le bord droit est simple, tranchant, mince, détaché de l’avant-dernier tour spiral, par une échancrure plus ou moins profonde.
L'animal qui habite la coquille des Cônes, rampe sur un pied allongé, étroit, peu épais, tronqué en avant, muni, en arrière, d’un opercule corné, rudimentaire, insuffisant pour fermer l'ouverture. La tête, qui est assez grosse, s’allonge en un petit mufle, à la base duquels’élève, de chaque côté, un tentacule conique, portant un œil sur son extrémité antérieure et externe. À l’extrémité du petit mufle se trouve la bouche, qui est armée, en dedans, de nombreux crochets cornés, insérés sur la langue. Un siphon cylindrique qui se renverse sur la coquille, est destiné à porter l’eau sur les branchies.
Les Cônes habitent les mers des pays chauds, surtout celles qui s'étendent entre les tropiques. Ils se tiennent près des côtes sablonneuses, à la profondeur de dix à douze brasses.
Parmi les espèces à spire couronnée, nous citerons : le Cône cedonulli, dont on connaît plusieurs variétés qui habitent les mers de l'Amérique méridionale et de Antilles. De toutes les espèces du genre, c’est la plus recherchée, la plus précieuse à cause de sa rareté et de sa beauté.
Le Cône hébraïque, qui vient des mers d'Asie, d'Afrique et d'Amérique, est assez commun. Il est blanc, avec des taches noires à peu près carrées, disposées par bandes transversales.
Le Cône impérial (fig. 255), très-belle espèce de couleur blanche, avec des bandes d’un fauve verdâtre ou jaunâtre, est orné de cordelettes transverses linéaires articulées de blanc et de brun.
Le Cône brocard (Conus geographus, fig. 256), l’une des plus grandes espèces du genre, puisqu'elle atteint jusqu’à 16 centimètres de long, est nuancée de blanc et de brun.
Parmi les espèces coniques à spire non couronnée, nous citerons : le Cône mosaique (Conus tessellatus, fig. 257), commun dans la mer des Indes. Sa partie antérieure est violacée à l’in-
térieur ; les taches dont elle est entourée sont d’un beau rouge
- d’écarlate ou souci, ou enfin couleur de minium sur un fond blanc.
Le Cône amiral habite les mers qui baignent les îles Molu-