USAGE DES POSSESSIFS
Mien, tien, sien, etc., s'emploient comme adjectifs. Ex. : Chaque sien effect. (I, 1). Ce tien Dieu (II, Imp.). Chasque sien sanglot (II, Cap.). Cf. Corneille : Quelque sien voisin (D. San., 1759). Ainsi ce rang est sien (Pol. 401). Racine : Au travers d'un mien pré (Plaid. 202).
L'adjectif possessif est souvent remplacé par l'article. Ex. : Jettent aux pieds les armes (II, Artif.). Qui me rapportera dedans le poing sanglant. . .? (II, Troph.). La femme aiguise un peu la bouche (II, Artif.). Quelque femme esplorée A qui la mort inique avoit ravi l'espoux (Jud. 4). Cf. Malherbe : Peuples, qu'on mette sur la teste Tout ce que la terre a de fleurs. Racine : A qui veux-tu faire perdre la cause ? (Plaid. 845). La Bruyère : La fable avance assez et il la retient avec la facilité ordinaire (II, 498).
On trouve au contraire l'adjectif possessif où nous mettons l'article, soit que nous y ajoutions un pronom personnel. Ex. : Il escarbouille sa teste (= il lui) (II, Artif.); soit sans pronom. Ex. : Il n'a
devant ses yeux foy, ny loy, ni justice (II, Dec). Ne peut reprendre son haleine (II, Pères). Cf. pour le premier cas : La Bruyère : Il frotte ses mains (II, 185) ; Corneille : Vous voyez sur mes bras de nouveaux ennemis (Vêp. et Comp.). Pour le second cas : Racine : Qui voudrait élever sa voix? (Ath. 1204); La Bruyère : Il demande ses gants qu'il a dans ses mains (II, 1).
L'adjectif possessif peut, sans être répété, modifier plusieurs substantifs, comme l'article. Ex. : 0 mes hérauts, dit-il, postes et .messagers (II, Arche).