‹ La vie et les œuvres de Frédéric OzanamChapitre 4 sur 27 · XII AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XII AVANT-PROPOS

M. E. Caro^ « les documents se sont multipliés autour de cette mémoire aimable en raison même des affections qui s'étaient multipliées autour de cette vie si pure. » Je n'ai donc eu qu'à m'itispirer de ces nombreux biographes, dont les témoignages et les éloges forment aujoui^d'hui sur la tombe d'0:[anam la plus désirable et la plus enviée de toutes les couronnes ( i).

Sans doute on ne trouvera point ici, comme dans la vie d'André-Marie Ampère, le récit de mej'veilleuses découvertes, l'exposé de théories célèbres qui ne vont à rien moins qu'à renouveler la philosophie entière des sciences : on n'y trouvera pas davantage, C077ime dans la vie de M. de Laprade, une longue carrière féconde en incidents de tout genre et surtout les coups d'aile par lesquels un poète de génie nous entraine à sa suite vers les sommets de l'idéal. Mais mes lecteurs voudront bien ne s'en prendre qu'à l'ijisuffisance du biographe, si ce modeste volume ne réussit pas à leur faire aimer et goiiter Frédéric 0-{anam avec toutes les qualités d'esprit et de cœur qui lui ont valu de son vivant un si touchant cortège de sympathies.

Qu'on me permette de glisser à la fin de cet Avantpropos une dernière confidence ou, si l'on préfère, un dernier aveu. J'aurais pu me borner à mettre en relief dans 0:{anain ce que f appellerais volontiers le mérite

(i) Signalons en particulier comme dignes d'attention les trois publications suivantes :

i" Frédéric O^anayn, par le R. P. Lacordaire (au tome V de ses Œuvres complètes, Poussielgue).

2" Frédéric O^anarn, professer at the Sorbonne, liis lifc and Works, by Kathleen O'Meara. London, 1879.

3» Vie de Frédéric O^anam, professeur de litte'rature e'trangère à la Sorbonne, par C.-A. Ozanam, son frère, chapelain d'honneur de Sa Sainteté'. 2* édition, 1882. Paris, Poussielgue.

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extérieur et la pratique constante de certaines vertus, particulièrement admirables, mais oit l'on pourrait ?ie reconnaître que des vertus tout humaines. En m' imposant cette réserve^ j'aurais, ce me semble, trahi la vérité : je n'aurais rendu surtout qu'un hommage i)icomplet à celui en qui, comme il nous l'apprend luimême^ ses contemporains voyaient et saluaient le chej de la jeunesse catholique. Les pensées religieuses ont tenu la première place Mans sa vie : je devais leur laisser aussi la première place dans cet ouvrage, au risque peut-être de m' entendre reprocher une certaine "onotonie. En réalité, plus on étudie Frédéric O^anam, plus ce qui domine et séduit en lui, au-dessus du professeur éloquent et applaudi de la Sorbonne., audessus de l'interprète inspiré de Dante., au-dessus de l'historien des origines du moyen âge, c'est le chrétien,, mais le chrétien tel que l'exige le xix^ siècle, doué d'itiie foi ferme, d'un ^èle infatigable, comme aussi de ce discernement, de cette mesure qu'on a si bien définie « l'intelligence des temps ».

Puisse ce livre, dédié à la mémoire toujours vénérée d'0\auam, perpétuer dans les rangs de notre jeunesse cette noble ardeur, ce généreux prosélytisme qui fut la préoccupation incessante de toutes ses actions, le butélevé de toute sa vie !

Paris, décembre 1887.

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