‹ La vie et les œuvres de Jean Jacques RousseauChapitre 107 sur 184 · Mémoires de M^^ cVÉpinay, t. II, ch. v · texte numérisé non relu

Mémoires de M^^ cVÉpinay, t. II, ch. v

amant, mais se serait arrangée, comme pis aller, de passer la mauvaise saison à la Chevrette. Deleyre, sceptique et léger, était allé relancer l'Ermite jusque dans sa solitude. L'ambassadeur était bien choisi : jeune, spirituel, très attaché à Rousseau, qui le payait de retour, il était d'autant plus en situation de réussir qu'il n'avait aucune prétention à l'autorité et n'avait d'autres armes que ses plaisanteries \

Rousseau répondait à toutes ces attaques avec la plus grande énergie. « Je commence par vous dire, écrivait-il à M°''' d'Epinay, que je suis résolu, déterminé , quoi qu'il arrive , à passer l'hiver à l'Ermitage ; que rien ne me fera changer de résolution , et que vous n'en avez pas le droit vous-même, parce que telles ont été nos conventions quand je suis venu^ » A Diderot, qui se lamentait sur le sort de Thérèse et de sa mère et l'en rendait responsable, il montrait le ridicule de ce reproche. Lui, inhumain et scélérat, parce que la mère Le Yasseur est avec lui ! Eh ! mon Dieu, que diraiton donc, si elle n'y était pas? Que n'a-t-il pas fait pour ces deux femmes?... On croirait, à entendre certaines gens, qu'il n'y a pas de vieillards à la campagne. D'ailleurs elle^ ne se plaignent point, elles vivent contentes de leur sort, lui-même est heureux et tranquille dans sa solitude. Pourquoi faut-il que les philosophes des villes viennent troubler son repos ^ ?

Cette lettre est du mois de décembre. Les deux

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