‹ La vie et les œuvres de Jean Jacques RousseauChapitre 110 sur 184 · LcUre à Diderot, janvier · texte numérisé non relu

LcUre à Diderot, janvier

de malade, j'ai droit aux ménagements que l'humanité doit à la faiblesse et à l'humeur d'un homme qui souffre... Je suis pauvre, et il me semble que cet état mérite encore des égards ^ »

Rousseau se montre ici bien exigeant et use d'une précaution utile en déclarant qu'il ne faut pas se montrer aussi sévère pour lui. Si les rôles avaient été intervertis, comme il le dit, aurait-il fait mieux que les autres? Il est sûr qu'il a eu un grand nombre d'amis ; il n'a pas su, pour ainsi dire, en conserver un seul. Qu'il y ait eu souvent de leur faute, c'est indubitable, mais il serait bien singulier qu'il n'y eût pas eu aussi de la sienne.

Restait la question pratique du départ de la mère Le Yasseur. M'"'' d'Épinay, qui jouait ici le rôle de Providence, voulait bien tout ce qu'on voudrait, pourvu qu'on arrivât à une réconciliation. « Veut-elle rester? disait M""" d'Epinay, qu'elle reste; veut-elle quitter? je m'en charge ; veut-elle rester le printemps et l'été? je m'en charge encore ; mais soyez sûr que personne ne croit qu'elle est de force à l'Ermitage ^. » On en eut bientôt la preuve. Tout le monde semblait être pour le départ, la bonne femme comme les autres. Cependant aussitôt que Rousseau l'eut mise à même de partir, allant même jusqu'à lui promettre une pension, elle cessa de le vouloir. Quant à Thérèse, elle avait tout de suite déclaré qu'elle ne partirait pas. Il est probable que les deux femmes, désireuses de revenir à Paris avec Jean-Jacques, jugèrent qu'elles perdraient trop à y revenir sans lui. Les amis de celui-ci en étaient donc pour leurs

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