‹ La vie et les œuvres de Jean Jacques RousseauChapitre 122 sur 184 · Confessions, 1. X · texte numérisé non relu

Confessions, 1. X

Champfort ; cité par Saint- Marc GiRARDiN {Revue des Deux Mondes, 15 septembre

1833). — 3. Lettre de Diderot à M. N., de Genève. — 4. Lettre de Deleyre à Rousseau, 29 octobre 1758.

ture et savait parfaitement à quoi s'en tenir ^ Voici la réponse insolente que lui fit Rousseau : « Monsieur, en lisant votre lettre, je vous ai fait l'honneur d'en être surpris, et j'ai eu la bêtise d'en être ému; mais je l'ai trouvée indigne de réponse. Je ne veux point continuer les copies de M"'^ d'Houdetot. S'il ne lui convient pas de garder ce qu'elle a, elle peut nie le renvoyer, je lui rendrai son argent ^.. »

Rousseau croit que cette lettre fit rentrer Saint- Lambert en lui-même ; c'est peu probable. Il est vrai que celui-ci ne lui garda pas rigueur ; qu'il dina avec lui quinze jours après ; mais il vaut mieux attribuer son retour, si le retour fut véritable, aux bons soins de M°^° d'Houdetot.

Voilà donc Rousseau absolument sans amis. Il avait si bien manœuvré qu'il les avait tous perdus dans l'espace de quelques mois. Sa rupture avec Diderot ne revêtit pourtant pas le caractère d'âpreté qu'elle eut constamment avec Grimm. Certes, Rousseau a dit du mal de Diderot; Diderot, de son côté, en a dit encore plus de Rousseau, principalement dans sa Vie de Séiièque, où, à propos de Sénèque, de Claude et de Néron, il vomit vingt pages d'injures contre son ancien ami. Mais ces boutades avaient leurs retoui'S. Il fut même, dans un moment, question d'une réconciliation, dont, bien entendu, Diderot aurait fait presque tous les frais. Rousseau ne voulut pas s'y prêter 3.

Outre les antipathies de caractère qui divisaient ces deux hommes, on peut, avec Saint-Marc Girar-

1. Lettre de Saint- Lambert à Rousseau, 10 octobre 1738; Confessions, 1, X. — 2. Lettre

à Saint- Lambert, 11 octobre 1758. — 3. Lettre du comte d'Escherny à Rousseau, 23 mai 1765.

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