Confessions, 1. XL
Confessions, 1. XII. — 3. La bibliothèque de la Chambre des députés possède trois copies de la Nouvelle IJéloïse. A la fin de l'une d'elles, celle qui porte le titre de 2^ copie, se trouvent cinq ou six
pages de pensées détachées.
Ces fragments, qui rappellent assez Topuscule dont nous venons de parler, n'étaient-ils point destinés, dans Tintention de l'auteur, à figurer dans la Morale sensitive?
LA VIE ET LES ŒUVRES
tive. Ce qu'elle dit, du reste, du projet de Rousseau montre qu'elle n'avait pas l'idée de ce qu'il devait être \ Autant qu'on en peut juger par le peu qu'on en connaît, le plan de la Morale sensitive nous parait faux, ou du moins exagéré; mais rien n'autorise à conclure, comme le fait M""" de Genlis, qu'il aboutisse au Matérialisme, à l'Athéisme, à l'Epicurisme.
Les Lettres sur la Vertu et le Bonheur font partie des manuscrits de Rousseau conservés à la Bibliothèque de Neuchâtel. C'est là qu'elles dormaient dans l'oubli depuis un siècle quand M. Streckeisen- Moultou les publia en 1861 ^ On sait qu'elles furent composées vers 1757, pour M""' d'Houdetot. Elles appartiennent donc à l'époque de la maturité littéraire de l'auteur; leur manière les rapproche en effet de ses plus beaux ouvrages. H y a pourtant encore des différences à établir entre elles. La première est, sans contredit, la plus parfaite, la mieux écrite et aussi la moins inexacte comme doctrine. On peut lui reprocher toutefois de faire en morale la part beaucoup trop grande au sentiment. « La nature, » y est-il dit, « nous donne des sentiments et non des lumières. )) Nous avons cité une partie de cette lettre, à propos du Discours sur l' Inégalité. La seconde, qui traite plus spécialement du bonheur, insiste sur la vanité des systèmes de philosophie et sur les contradictions de leurs auteurs. La troisième n'est qu'un pur scepticisme. « Ce qu'il y a de plus démontré pour nous, y dit Rousseau, est donc suspect encore, et nous ne pouvons savoir si les Éléments dEudide ne sont pas un tissu d'erreurs. » La qua-
1. Préface ^Al/phonsine. — | inédiles de J.-J. Rousseau. 2. Œuvres et Correspondance \
trième et dernière est une éloquente aspiration vers les choses d'en haut, vers le bien moral, vers l'ordre intellectuel ; une élévation du cœur qui nous rapproche de Dieu.
Les Amours de Claire et de Marcellin ^ étaient peut-être destinées à être placées, comme épisode, dans une œuvre plus étendue. Deleyre, qui en avait probablement connu les premières pages, désirait beaucoup que Rousseau terminât cette pastorale pleine de fraîcheur. « N'oubUez pas, » dit-il ailleurs, (( votre pauvre Marcellin. Quoique paysan, il vaut bien vos amants de ville ^ » Tel n'était pas l'avis de Rousseau; Julie, Saint-Preux, les amants de ville l'absorbaient tout entier; il n'acheva pas Marcellin.
Une autre nouvelle : Le Petit Savoyard, vie de Claude Noyer, doit dater aussi de la même époque. Cet opuscule est trop incomplet pour qu'il soit possible de le bien juger. Tout ce qu'on en peut dire, c'est qu'il s'annonce assez mal au point de vue moral, religieux et social.
1 Cet opuscule et le suivant ont été publiés par M. Streckeisen-Mouitou, dans son volume des Œuvres et correspon-
dance inédites de J.-J. Rousseau. — 2. Lettres de Deleyre à Rousseau, 26 août et 23 septembre 1756.