‹ La vie et les œuvres de Jean Jacques RousseauChapitre 132 sur 184 · Lettre de Rousseau à Vernes, 22 octobre · texte numérisé non relu

Lettre de Rousseau à Vernes, 22 octobre

LA VIE ET LES ŒUVRES

il ne pouvait pas être l'instigateur de la lettre de Rousseau. Celui-ci reçut l'impulsion d'un autre côté, et beaucoup plus tard ; il commença même par s'y montrer peu sensible. Vernes, en sa qualité de pasteur, était principalement touché par l'accusation de socinianisme portée contre les pasteurs dans le même article de d'Alembert. Il s'en ouvrit à son ami, et le pressa de répondre. Non seulement Rousseau refusa \ mais il plaida en faveur de d'Alembert pour le moins les circonstances atténuantes. Il est probable néanmoins que ce fut la lettre de Vernes qui déposa dans son esprit le germe de sa Lettre sw' les spectacles. Il persista, il est vrai, à ne traiter qu'incidemment la question religieuse , laissant aux pasteurs le soin de se défendre eux-mêmes. Cela valait mieux ; sa manière de les défendre aurait couru le risque de n'être pas de leur goût. Le secours indi- I rect qu'il leur prêta, en traitant à fond la question ï des spectacles , leur fut néanmoins très utile; aussi lui en eurent-ils une grande recounaissance.

Ils étaient au fond assez embarrassés. D'Alembert n'avait pas tout inventé : il avait vu les pasteurs, il avait travaillé sur des notes et des mémoires. L'accuser d'indiscrétion était une réponse qui ne pouvait que compromettre sans justifier. Qui l'avait renseigné? Dans une réunion solennelle de la Compagnie, où l'on fit subir à tous les membres / présents une sorte d'interrogatoire, l'on aboutit à un désaveu unanime des doctrines suspectes. Cela ne prouve pas qu'elles ne fussent partagées par plusieurs. Tous assurément n'étaient pas socioiens, mais quelques-uns l'étaient ; cela suffisait pour rendre

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