‹ La vie et les œuvres de Jean Jacques RousseauChapitre 135 sur 184 · Journal de Trévoux,, avril 1759. — 2. Id., juillet · texte numérisé non relu

Journal de Trévoux,, avril 1759. — 2. Id., juillet

faisant leur éloge, les connaissait-il bien? Le public lui-même, qu'on aurait pu croire intéressé à leur maintien, s'étonnait qu'un moraliste aussi austère pût les défendre. Malgré ces divergences, il est certain que la note favorable dominait de beaucoup. Voltaire et les partisans du théâtre étaient battus, sauf à prendre leur revanche un peu plus tard \

Moultou tenait son ami au courant de l'état des esprits. « Votre lettre, lui écrivait-il, est ici le signal de ralliement de tous les bons citoyens, l'opprobre et l'effroi des méchants , et l'on peut juger maintenant de l'amour plus ou moins grand que chacun porte à la patrie par le degré d'estime qu'il donne à votre ouvrage. » Moultou ne pouvait cependant se taire sur la décadence des moeurs et des principes. Cette même lettre, qui avait ravi les uns, avait irrité les autres. Tous les Genevois n'étaient pas capables de la goûter. Les Tronchin, les Voltaire, tous ces sybarites dont il dévoilait les mœurs, ne pouvaient lui pardonner son austérité ; mais ils n'étaient pas les plus nombreux, et ses admirateurs formaient évidemment la majorité ^ Sarasin^, Jacob Vernet\ Vernes % Abauzit^ bien d'autres encore, sans aucun doute, adressèrent également à l'auteur leurs témoignages de satisfaction. Le médecin Tronchin lui-même, quoique ami de Voltaire, se joignit à ce concert, sauf certaines réserves à propos des

Page 1