‹ La vie et les œuvres de Jean Jacques RousseauChapitre 154 sur 184 · Lettre de Latour à · texte numérisé non relu

Lettre de Latour à

Rousseau, 5 octobre 1761. — 2. Lettre à M^^ Latour, 19 octobre 1761. — 3. Lettre de Rousseau aux « inséparables.

hommes ou femmes. » — 4*

Gte d'Esgherny, Mélanges de Littérature, de Morale et de Philosophie, t. III, supplément.

LA VIK ET LES OEUVRES

persévérance et de dévouement. Nous aurons plus d'une fois occasion de renouveler connaissance avec M"^*^ Latour \

Les sentiments sur la Nouvelle Héloïse, c'est Rousseau qui nous le dit, furent partagés chez les gens de lettres ; voyons leurs jug-ements. Lui-même nous a déjà donné le sien dans sa préface. Il persista^ malgré l'avis de Duclos, à regarder son livre comme très dangereux pour les filles ^ Il regrettait qu'il eût pénétré jusqu'à Genève^. Du reste, sur ce point, comme sur beaucoup d'autres, ses opinions sont contradictoires. M""*" de Créqui lui ayant demandé si elle pouvait lire son roman, il lui réjpondit : « Vous me marquez qu'on trouve ce livre dangereux ; je le crois en effet dangereux aux fripons, car il fait aimer les choses honnêtes. Au reste, si vous voulez en juger par vous-même, vous pouvez hasarder de lire ou parcourir les trois derniers volumes '\ » Pourquoi pas les trois premiers ? « Je persiste à croire, écrit-il encore, que quiconque, après avoir lu ma Nouvelle Héloïse, la peut regarder comme un livre de mauvaises mœurs, n'est pas fait pour aimer les bonnes ^: »

1 . La Correspondance de Rousseau avec M^^ Latour de Franqueville a été publiée par Du- PEYROU, 2 vol. in-8, 1803. — "La bibliothèque delà Chambre des députés en possède un recueil de copies qui nous a paru être de la main de M™^ Latour. — 2. Lettre de Duclos à

Rousseau, novembre 1760, et Réponse de Rousseau, 19 novembre 1760. — 3. Lettre à M^o C, 12 février 1761. — h.

Lettre de M""^ de Créqui à Rousseau, Réponse de Rousseau, 5 février 1761. —5. Lettre à M^^ X., 13 février 1761.

Mais il tenait aussi à se poser en conciliateur entre les impies et les dévots. « Il reste là-dessus, écrivait-il, d'importantes vérités à dire, et qui doivent être dites par un croyant. Je serai ce croyantlà ^ » « Si Wolmar pouvait ne pas déplaire aux dévots, et que sa femme plût aux philosophes, j'aurais peut-être publié le livre le plus salutaire qu'on pût lire dans ce temps-ci ^ Par malheur, il ne plut ni aux philosophes ni aux dévots. Jean-Jacques eut beau dire qu'il était absolument détaché du parti des philosophes ; qu'il n'aimait point qu'on prêchât l'impiété ; qu'il blâmait l'intolérance ^ ; on ne le prit au sérieux ni d'un côté ni de ^l'autre : Julie put faire école chez les femmes, nullement chez les hommes. Rousseau eut beaucoup d'admirateurs, encore plus d'admiratrices ; et de tous et de toutes, ce fut peut-être encore lui qui s'admira le plus. De tous ses ouvrages, c'est de la Nouvelle Eéloïse qu'il parla toujours avec le plus d'intérêt * ; c'est Julie seule qu'il relut jusqu'à la fin de sa vie avec un plaisir toujours nouveau ^

Quand la Nouvelle Eéloïse parut, Rousseau fut accablé de lettres ^ Sauf quelques exceptions et quelques réserves, on doit penser qu'elles furent louangeuses : on n'a pas l'habitude d'écrire aux gens pour leur dire des choses désagréables. Pour se convaincre que, lorsqu'on remercie un auteur de l'envoi de son livre, on peut lui faire connaître sa

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