Lettre à Malesherbes, 18 novembre 1761. (Bibl. liât., Ms
loco citato.) — 2. Lettre de Males-
herbes à Rousseau, 22 novembre 1761. — 3. Lettre à Duchesne^ 20 novembre 1761.
preuves les plus claires. Oh ! qu'il est cruel pour un solitaire malade et triste, d'avoir une imagination déréglée et de ne rien apprendre de ce qui l'intéresse! S'il en est temps encore, je vous demande, Monsieur, le secret sur ma précédente lettre, jusqu'à plus amples éclaircissements K »
« Tranquillisez-vous, lui répond Malesherbes, je n'ai fait aucun usage de votre lettre qui doive vous inquiéter ^ »
Mais c'est bien en vain qu'on essaie de calmer le malheureux Rousseau. Attendons quelques jours , et ses terreurs vont le reprendre, plus vives que jamais. a Voyant, Monsieur, après ma première étourderie, écrit-il à Malesherbes , que vous preniez la peine de m'écrire de votre main, j'avais résolu de vous épargner désormais l'importunité de cette affaire, tant qu'il me resterait des doutes; mais il ne m'en reste plus et je ne puis me dispenser de vous dire qu'il est clair à mes yeux que le libraire m'amuse et ne procède point de bonne foi à l'impression... Je suis persuadé. Monsieur, que d'un regard vous vérifierez ce que je ne puis conclure ici que d'une multitude d'indices, légers en eux-mêmes, mais dont le concours fait pour moi démonstration, et dont le résultat est que mon ouvrage est perdu ; car, quoique j'ignore quelles mains le retiennent, je ne puis m'empécher de le présumer 3. »
Et le lendemain : « Je vous demande pardon , Monsieur, de mon éternelle importunité , mais l'inquiétude sur le sort de mon livre me consume et